Le Soudan du Sud bascule de nouveau dans l’incertitude. L’arrestation de Riek Machar, vice-président et rival historique de Salva Kiir, brise l’équilibre fragile maintenu depuis l’accord de paix de 2018. Alors que les tensions couvaient depuis des mois, cet événement fait craindre une reprise des hostilités.
Un coup de force à Juba
Le 26 mars, en pleine nuit, des forces de sécurité lourdement armées, sous les ordres du ministre de la Défense et du chef de la sécurité nationale, ont investi la résidence de Riek Machar à Juba. Le vice-président, son épouse et plusieurs membres de sa garde rapprochée ont été arrêtés. Selon son parti, le Mouvement populaire de libération du Soudan en opposition (SPLM-IO), cette opération marque une rupture définitive avec l’accord de paix signé en 2018.
« C’est une tromperie, une rupture de promesse, un manque de volonté politique d’apporter la paix et la stabilité », a dénoncé le SPLM-IO, annonçant que l’accord était désormais « abrogé ».
Un accord de paix en lambeaux
L’arrestation de Machar intervient après une série d’affrontements entre les forces gouvernementales et les combattants du SPLM-IO. Depuis février, plus de vingt alliés politiques et militaires du vice-président ont été arrêtés. Le 25 et 26 mars, deux camps d’entraînement de la branche armée du SPLM-IO ont été attaqués près de la capitale, provoquant une escalade des tensions.
L’ONU, par la voix de Nicholas Haysom, chef de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), met en garde : « Les dirigeants sud-soudanais sont sur le point de replonger leur pays dans un conflit généralisé. » Un retour à la guerre civile pourrait être catastrophique, alors que le précédent conflit (2013-2018) avait causé 400 000 morts.
Une capitale en ébullition
À Juba, les accès à la résidence de Riek Machar sont désormais bloqués par des véhicules blindés. La sécurité autour du Parlement a été renforcée. Malgré cette démonstration de force, le gouvernement sud-soudanais reste silencieux sur les raisons officielles de l’arrestation du vice-président.
Si les tensions continuent de s’aggraver, le Soudan du Sud pourrait sombrer à nouveau dans le chaos. Comme le dit un proverbe africain, « Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre. » Dans ce pays marqué par des années de guerre et de crise humanitaire, c’est encore la population civile qui risque d’en payer le prix.
La Rédaction

