Le Togo, engagé depuis quelques années dans le développement de sa filière piscicole, rencontre un obstacle majeur pour atteindre une pleine autonomie alimentaire : le prix élevé du tilapia local. Malgré des efforts soutenus pour augmenter la production nationale de ce poisson, le tilapia peine à s’imposer face à la concurrence étrangère.
Le contexte de la pisciculture togolaise
Le Togo a entamé un véritable pari pour réduire sa dépendance alimentaire, en mettant l’accent sur l’élevage de poissons locaux, notamment le tilapia. Grâce à des investissements dans la modernisation des techniques de pisciculture, le pays espère stimuler la production intérieure et combler ainsi une grande partie de la demande locale. Ce projet est fondamental pour renforcer la souveraineté alimentaire, en réduisant les importations de poissons et en sécurisant les approvisionnements.
Des coûts de production trop elevés
Cependant, un obstacle persiste : le coût de production du tilapia local reste trop élevé. Cette situation complique sa compétitivité face aux poissons importés, souvent plus accessibles financièrement. Les charges liées à l’élevage, telles que la gestion des infrastructures et l’alimentation des poissons, contribuent à un prix de vente relativement haut, rendant difficile l’accès au tilapia pour les consommateurs locaux.
Le poids des importations
Ce déséquilibre entre l’offre locale et la concurrence des produits importés crée une situation où le tilapia togolais n’est pas toujours perçu comme une alternative viable. Les poissons importés, bien que parfois moins frais, bénéficient d’une politique tarifaire plus compétitive et s’imposent largement sur le marché, ce qui freine les progrès dans la consommation de poissons locaux.
Souveraineté alimentaire : un enjeu vital
L’enjeu de la pisciculture est bien plus que simplement économique : il s’agit d’une question de souveraineté alimentaire. Pour que le Togo devienne plus autonome en matière de production de protéines animales, il est crucial que le tilapia local devienne plus abordable et accessible à tous. La filière piscicole pourrait alors jouer un rôle clé dans l’amélioration des habitudes alimentaires des Togolais et dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.
Des solutions à envisager
Pour résoudre cette problématique, plusieurs leviers sont à explorer. L’amélioration des méthodes d’élevage, la réduction des coûts de production via des subventions pour les producteurs ou encore la mise en place d’un cadre réglementaire incitatif pourraient rendre la filière plus compétitive. En outre, la promotion d’une consommation plus large du tilapia local, par des campagnes de sensibilisation et une meilleure distribution, pourrait permettre de mieux valoriser le produit et de faire face à la concurrence des poissons importés.
Un avenir prometteur mais difficile
Le tilapia reste une ressource stratégique pour le Togo, mais pour qu’il puisse véritablement jouer un rôle majeur dans la sécurité alimentaire, il est essentiel que des efforts soient faits pour réduire son prix et rendre sa production plus accessible. La filière piscicole togolaise a un potentiel énorme, mais il est nécessaire de surmonter ces défis pour garantir un avenir alimentaire durable au pays.
La Rédaction

