Le Grand Sud de Madagascar, déjà accablé par la sécheresse et l’insécurité alimentaire, fait face à une double catastrophe. En l’espace de quinze jours, un cyclone et une tempête tropicale ont balayé la région, laissant derrière eux un lourd bilan humain et matériel : neuf morts et plus de 115 000 sinistrés. À cette crise météorologique s’ajoute un autre drame : la suspension soudaine de l’aide américaine, qui a stoppé plusieurs programmes humanitaires cruciaux.
Des sinistrés livrés à eux-mêmes
Harisoa, vendeuse ambulante d’Antanambao, a tout perdu. Sa maison s’est effondrée sous la force des vents, ne lui laissant d’autre choix que de se réfugier avec sa famille dans une école transformée en centre d’accueil. « On n’a plus rien. Plus d’habits, plus de nourriture, plus de travail. On implore de l’aide, urgemment, parce qu’on est épuisés », témoigne-t-elle.
Ces intempéries ont frappé une région où la sécheresse sévissait depuis des mois. Les pluies diluviennes ont inondé des terres arides, compromettant des récoltes déjà fragiles. Une question demeure : cette eau soudaine a-t-elle rechargé les nappes phréatiques ou provoqué davantage de dégâts ?
L’ONG Action contre la faim en difficulté
Sur place, les humanitaires tentent de répondre aux besoins urgents, malgré des ressources de plus en plus limitées. L’ONG Action contre la faim, active depuis 2012 à Madagascar, a vu son budget amputé de 42 % en un mois, conséquence directe de l’arrêt des financements américains. Cette décision brutale a conduit à la fermeture de deux bases opérationnelles et à l’interruption de plusieurs programmes essentiels :
•Quatre cliniques mobiles fermées, privant des milliers de patients de soins médicaux.
•3 000 enfants en situation de malnutrition aiguë ne bénéficient plus de prise en charge.
•35 000 personnes privées d’aide alimentaire, autrefois soutenues par des transferts monétaires.
L’Alliance Urgence de Madagascar, regroupant plusieurs ONG internationales, est également frappée de plein fouet par ces coupes budgétaires, réduisant encore davantage l’aide disponible pour les populations sinistrées.
Une situation alarmante et un appel à la solidarité
Entre la catastrophe climatique et le désengagement international, le Grand Sud de Madagascar se retrouve dans une impasse humanitaire. Les ONG, déjà affaiblies, alertent sur l’urgence d’un soutien accru pour éviter une crise encore plus grave. Alors que les sinistrés luttent pour leur survie, l’espoir repose sur une mobilisation rapide et efficace de la communauté internationale.
La Rédaction

