Un rapport publié ce mardi par Amnesty International dénonce la dégradation des droits humains au Niger depuis le renversement du président Mohamed Bazoum le 26 juillet dernier. L’organisation accuse les autorités militaires du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) de ne pas avoir respecté leurs engagements en matière de libertés fondamentales.
Détentions arbitraires et décisions de justice bafouées
Selon Amnesty International, la répression s’intensifie tant sur le plan législatif que dans les faits. Le président déchu, Mohamed Bazoum, est toujours en résidence surveillée avec son épouse, tandis que plusieurs de ses anciens ministres restent incarcérés pour des « motifs politiques ». L’ONG souligne notamment que quatre d’entre eux auraient dû être libérés provisoirement, conformément à une décision judiciaire qui n’a jamais été appliquée.
Médias et société civile dans le viseur
Les libertés d’expression et d’association sont également menacées, affirme Amnesty. Des médias internationaux ont été suspendus, et la Maison de la presse de Niamey a été contrainte de fermer. La société civile subit elle aussi une forte répression : Moussa Tchangari, secrétaire général d’Alternative Espaces Citoyens, est détenu depuis décembre sous l’accusation d’« atteinte à la défense nationale ».
Le rapport met en lumière le rôle grandissant de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE), les renseignements nigériens, dans les arrestations et interrogatoires. De plus, la mise en place d’un fichier recensant les individus accusés de terrorisme ou de menace contre la nation suscite des inquiétudes. Une vingtaine de personnes ont ainsi été provisoirement déchues de leur nationalité sur la base de critères jugés flous.
Avec ce rapport, Amnesty International interpelle les autorités nigériennes sur la nécessité de respecter les droits fondamentaux, sous peine d’un isolement international accru.
La Rédaction

