Un hélicoptère de l’ONU en mission d’évacuation a été pris pour cible dans le nord-est du Soudan du Sud, provoquant la mort d’un membre d’équipage et blessant deux autres. Alors que la situation sécuritaire se détériore, le président Salva Kiir tente de rassurer, mais les fractures politiques s’aggravent.
Une attaque qui inquiète la communauté internationale
L’hélicoptère de l’ONU effectuait vendredi une opération d’évacuation de soldats sud-soudanais à Nasir, dans l’État du Haut-Nil, lorsque des tirs l’ont atteint. Selon la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS), outre les victimes au sein de l’équipage, plusieurs militaires sud-soudanais ont été tués, dont un général blessé qui devait être exfiltré.
L’attaque, qualifiée de « crime de guerre potentiel » par l’ONU, a aussitôt suscité des inquiétudes sur la stabilité du pays. Le président Salva Kiir a tenté d’éteindre l’incendie en appelant à la retenue :
« Notre pays ne retombera pas dans la guerre. Le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour éviter toute escalade. »
Mais sur le terrain, la tension est palpable. Depuis plusieurs jours, des combats opposent l’armée régulière à des forces associées au vice-président Riek Machar, ravivant le spectre d’un conflit généralisé.
Un fragile équilibre menacé
Signé en 2018, l’accord de paix entre Salva Kiir et Riek Machar avait mis un terme à une guerre civile meurtrière ayant causé près de 400 000 morts. Mais les clauses de l’accord peinent à être appliquées, et les récents événements révèlent la persistance d’un climat de méfiance et d’instabilité.
L’arrestation cette semaine de plusieurs proches de Machar, dont le ministre du Pétrole Puot Kang Chol et le général Gabriel Duop Lam, a renforcé les soupçons d’une manœuvre visant à affaiblir le vice-président. Ces arrestations interviennent alors que des affrontements éclatent dans le nord-est du pays, où les autorités accusent le parti de Machar, le SPLM-IO, de collaborer avec l’« Armée blanche », un groupe armé composé de jeunes de l’ethnie nuer.
Face à l’escalade, plusieurs chancelleries, dont celles des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne, ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et exhorté les dirigeants sud-soudanais à privilégier le dialogue.
Un pays au bord du précipice
Pour l’ONU, la responsabilité des dirigeants sud-soudanais est engagée. Dans un rapport publié récemment, l’Organisation pointe du doigt leur rôle dans la montée des violences et l’instabilité persistante.
Nicholas Haysom, chef de la mission onusienne, a fermement condamné l’attaque de l’hélicoptère :
« C’est un acte abominable qui ne peut rester impuni. Nous demandons une enquête immédiate. »
Alors que les fissures politiques s’élargissent et que la violence s’intensifie, le Soudan du Sud se retrouve une fois de plus à la croisée des chemins. La question n’est plus de savoir si la paix est menacée, mais combien de temps elle pourra encore tenir.
La Rédaction

