La Commission européenne a récemment dévoilé, un projet de révision majeur du Pacte vert européen, réorientant ainsi ses priorités pour “améliorer la compétitivité” des entreprises. Une volte-face spectaculaire pour Ursula von der Leyen, qui avait initialement promis de faire de l’UE un modèle de durabilité. Ce recul suscite une vive opposition, notamment des écologistes, qui dénoncent un affaiblissement des normes environnementales et sociales.
Les propositions incluent le report d’un an du “droit de vigilance” pour les entreprises, les exemptant de certaines obligations de transparence et de responsabilité vis-à-vis des violations des droits humains et des dommages environnementaux. De plus, une réduction significative du nombre d’entreprises concernées par la comptabilité verte est envisagée. Si ces ajustements sont salués par les milieux économiques, ils sont perçus comme un abandon des engagements de l’UE en matière de protection sociale et environnementale.
Les critiques fusent. Marie Toussaint, eurodéputée des Verts, qualifie ces changements de “dérégulation totale” et d’un “alignement vers le bas”, accusant la Commission de trahir les valeurs du Pacte vert. Clara Alibert, du CCFD-Terre Solidaire, souligne que cette décision envoie un message désastreux aux victimes des multinationales et que l’UE risque de perdre son avantage concurrentiel unique, fondé sur des normes sociales et environnementales élevées.
La Commission, de son côté, affirme que ses objectifs climatiques, notamment la neutralité carbone d’ici 2050, demeurent inchangés. Toutefois, la mise en œuvre de cette stratégie se fait à la faveur d’une “simplification” des normes, sous pression des milieux économiques et soutenue par une large coalition politique à droite et à l’extrême droite.
Cette révision du Pacte vert marque un tournant décisif pour l’UE, qui semble se diriger vers une réduction des ambitions environnementales, au grand dam des écologistes et d’une partie du secteur privé. La suite des événements dépendra de l’approbation de cette révision par les États membres et le Parlement européen.
La Rédaction

