L’Afrique finance-t-elle la résilience climatique des Caraïbes au détriment de ses propres besoins ? C’est la question qui se pose après l’annonce d’un accord entre la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) et le Fonds de développement de la CARICOM (CDF), prévoyant une subvention de 708 000 euros pour la création d’une Facilité verte pour la résilience et la durabilité (GRSF).
Une coopération qui s’intensifie
L’accord a été officialisé lors de la 48ᵉ réunion de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM, à la Barbade. Cette subvention vise à renforcer la résilience économique et climatique des États insulaires, en leur offrant des financements adaptés pour l’adaptation au changement climatique.
Rodinald Soomer, PDG du CDF, a souligné l’importance de ce partenariat pour répondre aux défis environnementaux et économiques des Caraïbes. Benedict Oramah, président d’Afreximbank, a quant à lui justifié cet engagement par la nécessité de combler un déficit de financement de 20 milliards de dollars US dans la région.
Un engagement africain qui interroge
Mais pourquoi Afreximbank, dont la mission principale est de soutenir le commerce et le développement en Afrique, finance-t-elle un projet axé sur les Caraïbes ?
Depuis août 2023, la banque panafricaine et la CARICOM ont renforcé leur coopération avec l’entrée du CDF au capital d’Afreximbank. L’initiative s’inscrit dans une logique de rapprochement entre l’Afrique et ses diasporas. Pourtant, cet investissement interroge alors que plusieurs pays africains peinent à mobiliser des fonds pour leur propre transition climatique.
Alors que l’Afrique fait face aux mêmes défis environnementaux que les Caraïbes, pourquoi une telle somme ne sert-elle pas à financer une Facilité verte pour la résilience et la durabilité sur le continent ? L’alliance Afrique-Caraïbes peut-elle réellement bénéficier aux deux parties, ou s’agit-il d’une diversion stratégique des priorités africaines ?
Une chose est sûre : cette annonce marque un tournant dans les relations entre les deux régions, mais elle risque aussi de nourrir un débat sur l’allocation des ressources africaines.
La Rédaction

