Les États-Unis et la Russie s’apprêtent à entamer, ce mardi 18 février, des pourparlers à Riyad sous l’égide de l’Arabie saoudite. Officiellement axées sur la guerre en Ukraine et la normalisation des relations russo-américaines, ces discussions pourraient également inclure des propositions controversées sur Gaza, à l’initiative de Washington.
Un sommet inédit pour une sortie de crise ?
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio est arrivé en Arabie saoudite en compagnie de plusieurs hauts responsables du gouvernement Trump, dont Steve Witkoff, émissaire du président pour le Moyen-Orient, et Mike Waltz, conseiller à la sécurité nationale. Face à eux, la délégation russe sera menée par le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, accompagné de Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine.
Alors que ces discussions marquent la première tentative de dialogue direct entre Washington et Moscou depuis des mois, leur portée dépasse largement la seule question ukrainienne. Le Kremlin a indiqué que la rencontre viserait à un « rétablissement » des relations bilatérales, fortement détériorées par le conflit. Mais surtout, des « négociations possibles sur l’Ukraine » sont à l’ordre du jour, ce qui pourrait ouvrir une nouvelle phase diplomatique.
Une paix sans l’Ukraine : un compromis risqué ?
La question fondamentale qui se pose lors de ces pourparlers est celle de savoir si une paix véritablement durable peut être décidée sans la participation directe de l’Ukraine. Bien que l’administration américaine semble avancer dans la recherche d’un compromis, l’Ukraine pourrait se retrouver à l’écart de négociations qui la concernent pourtant au premier chef. Une paix imposée sans le consentement de Kiev risquerait de ne pas tenir face à la résistance du peuple ukrainien, déterminé à préserver sa souveraineté et ses territoires. Cela soulève des interrogations sur la légitimité de tout accord conclut sans l’aval des principaux intéressés. L’Ukraine pourrait-elle accepter une solution qui ne reflète pas ses aspirations profondes, et qu’en serait-il de la stabilité durable du pays dans ce cas ?
Gaza : un troc géopolitique ?
En parallèle des discussions sur l’Ukraine, Marco Rubio doit également rencontrer les dirigeants saoudiens pour évoquer une proposition controversée : la prise de contrôle de la bande de Gaza par les États-Unis. Cette idée, portée par Donald Trump, suscite des interrogations quant à sa faisabilité et son acceptabilité par les acteurs régionaux.
Mais ce qui est particulièrement inquiétant, c’est la possibilité que le sort des Gazouis soit utilisé comme une monnaie d’échange dans ces négociations internationales. Si Gaza devenait un troc géopolitique entre les États-Unis et la Russie, les droits des populations locales pourraient être sacrifiés au nom de compromis stratégiques. L’avenir de Gaza pourrait alors se retrouver dans la balance d’un échange entre grandes puissances, comme un « prix » à payer pour apaiser les tensions entre Washington et Moscou, et ce, sans véritable consultation des acteurs palestiniens.
Un accord entre Trump et Poutine en vue ?
Donald Trump et Vladimir Poutine semblent vouloir briser l’impasse diplomatique. « Les présidents ont décidé que le dialogue doit reprendre », a déclaré Sergueï Lavrov en marge d’une rencontre avec son homologue serbe. Si un sommet Trump-Poutine venait à être confirmé, il pourrait redessiner les lignes du conflit en Ukraine et, plus largement, les rapports de force entre les grandes puissances.
Cependant, cette initiative suscite des craintes en Europe et en Ukraine. L’administration Trump pourrait chercher à imposer un accord bilatéral avec Moscou, court-circuitant Kiev et ses alliés européens.
Vers une recomposition du jeu diplomatique ?
Les pourparlers de Riyad s’annoncent cruciaux pour l’avenir des relations internationales. Entre la volonté de Trump de tourner la page des tensions avec la Russie et ses ambitions au Moyen-Orient, ces négociations pourraient marquer un tournant, avec des conséquences directes sur l’Ukraine, Gaza et l’équilibre mondial.
Reste à savoir si Moscou et Washington parviendront à dépasser leurs divergences profondes et à s’entendre sur des compromis concrets. Réponse dans les prochains jours.
La Rédaction

