Le 8 avril 2024, le Zimbabwe a lancé sa nouvelle monnaie locale, le ZiG (Zimbabwe Gold), adossée au prix de l’or. Bien que le prix de l’or ait augmenté de 24 % depuis cette date, atteignant des niveaux record, la monnaie locale a, elle, perdu 95 % de sa valeur par rapport au dollar américain.
Cette situation paradoxale s’explique en partie par une grave crise de liquidité qui étouffe l’économie du pays et par des difficultés à échanger les ZiGs contre des dollars. Le marché semble davantage préoccupé par l’évolution de la masse monétaire que par l’or lui-même. Shelton Sibanda, directeur des investissements chez Imara Asset Management, explique que la récente contraction de la masse monétaire a eu un impact majeur sur la monnaie locale.
Pour stabiliser le ZiG, la Banque centrale du Zimbabwe a mis en place une politique monétaire restrictive. Elle a réduit la masse monétaire et maintenu un taux d’intérêt directeur élevé, à 35 %, depuis la dévaluation du ZiG de 43 % en septembre 2023. Cette mesure visait à remplacer le dollar dans les transactions intérieures, après l’échec d’autres tentatives de création d’une monnaie locale stable. Cependant, cette politique a eu des conséquences négatives sur les actions et a entraîné une réduction des liquidités.
De plus, la difficulté à convertir les ZiGs en dollars a privé la monnaie de tout avantage lié à la hausse du prix de l’or, suscitant des doutes sur sa viabilité. Selon Hasnain Malik, stratégiste des marchés émergents chez Tellimer, le Zimbabwe manque de réserves de devises étrangères suffisantes pour maintenir une monnaie stable et convertible.
Cependant, le pays tire un avantage de la hausse du prix de l’or grâce à ses réserves. Depuis l’introduction du ZiG, la Banque centrale a augmenté ses réserves d’or, passant de 1,5 tonne à 2,67 tonnes. Ce gain en valeur constitue le seul véritable bénéfice direct pour le Zimbabwe.
La Rédaction

