Depuis l’automne 2021, six personnalités maliennes, dont l’ex-secrétaire général de la présidence Kalilou Doumbia et le colonel Kassoum Goïta, sont en détention, accusées de tentative de complot contre le gouvernement. Plus de trois ans après leur arrestation, leur procès tarde à se tenir, soulevant des interrogations sur l’issue de cette affaire et le respect des droits des détenus.
Des arrestations sur fond de tensions politiques
L’affaire remonte à une période charnière du Mali post-IBK. Après le coup d’État d’août 2020, la junte militaire dirigeait une transition censée ramener le pays vers un pouvoir civil. C’est dans ce contexte que six hommes, trois civils et trois militaires, ont été arrêtés entre septembre et octobre 2021. Parmi eux, Kalilou Doumbia, ancien haut cadre de la présidence, et le colonel Kassoum Goïta, ex-responsable de la Sécurité d’État.
Les autorités les accusent d’avoir fomenté un complot contre le régime. Pourtant, les éléments de preuve avancés restent flous et leurs avocats dénoncent une procédure opaque. Leur incarcération prolongée, sans jugement, alimente les critiques sur le fonctionnement de la justice malienne sous la Transition.
Des conditions de détention dénoncées
Depuis leur arrestation, les six détenus sont maintenus en prison sans avoir été jugés. En janvier 2023, ils ont été officiellement renvoyés devant une cour d’assises, mais leur procès n’a toujours pas été programmé. Cette attente interminable est perçue par leurs proches comme une forme de détention arbitraire.
Des organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch, ont signalé des cas de mauvais traitements et des conditions de détention difficiles. Certains détenus auraient même été victimes de tortures, selon des témoignages relayés par leurs avocats.
Une affaire qui interroge sur l’avenir de la justice malienne
Ce dossier s’inscrit dans un climat politique où les voix critiques se font de plus en plus rares. Depuis la prise de pouvoir de la junte, les tensions avec l’opposition et la société civile se sont accrues, et plusieurs figures politiques ont été écartées ou arrêtées.
L’issue de cette affaire sera un test pour la justice malienne. La tenue d’un procès équitable permettrait d’apporter des clarifications, mais l’absence de calendrier judiciaire laisse planer le doute. En attendant, ces six hommes restent derrière les barreaux, sans certitude sur leur avenir.
La Rédaction

