En Algérie, toutes les églises protestantes ont désormais fermé leurs portes, une décision des autorités qui marque la fin d’une liberté religieuse déjà fragile. Le dernier coup est tombé en mai 2024 avec la fermeture des quatre dernières églises protestantes encore ouvertes dans le pays. Ces fermetures, dénoncées par l’ONG chrétienne Portes Ouvertes, révèlent un durcissement sévère envers les minorités chrétiennes dans ce pays majoritairement musulman.
La clandestinité comme seule option
Selon Portes Ouvertes, près de 60 000 chrétiens évangéliques et 42 900 pentecôtistes algériens doivent désormais pratiquer leur foi dans la clandestinité. Depuis 2018, ce sont pas moins de vingt lieux de culte protestants et catholiques qui ont été fermés par les autorités. La loi algérienne, qui criminalise tout acte pouvant “ébranler la foi d’un musulman”, sert de base à ces mesures restrictives.
L’association Église Protestante d’Algérie (EPA), qui gérait les églises évangéliques, a été particulièrement visée. Son vice-président, le pasteur Youssef Ourahmane, a été condamné en mai 2024 à un an de prison ferme pour avoir tenu un culte non autorisé. “C’est un signal très alarmant”, s’inquiète Guillaume Guennec, représentant de Portes Ouvertes, dénonçant une atteinte flagrante à la liberté de culte garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont l’Algérie est signataire.
Une approche sélective envers les cultes
Alors que les églises protestantes sont systématiquement visées, les lieux de culte catholiques échappent à ces restrictions. Les quatre diocèses catholiques d’Algérie, fréquentés par environ 7 000 expatriés, bénéficient d’une relative liberté de culte. Mgr Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, récemment nommé cardinal, semble privilégier des relations diplomatiques apaisées avec les autorités algériennes, restant silencieux face à la répression des protestants.
Cette différence de traitement reflète une politique ambiguë : protéger les cultes liés aux expatriés tout en restreignant les mouvements religieux perçus comme favorisant les conversions.
Une tendance mondiale inquiétante
L’Algérie s’inscrit dans une tendance mondiale alarmante. Selon le rapport 2025 de Portes Ouvertes, 380 millions de chrétiens sont persécutés à travers le monde, victimes de violences, discriminations, ou assassinats. En d’autres termes, un chrétien sur sept subit des formes variées de persécution, un chiffre en hausse constante.
Face à cette situation, la communauté chrétienne en Algérie reste déterminée à pratiquer sa foi, même dans l’ombre. Mais cette persécution croissante soulève des questions sur l’avenir des droits religieux dans le pays et dans d’autres régions du monde.
La Rédaction

