En Côte d’Ivoire, la filière anacarde connaît un tournant majeur avec l’augmentation du prix bord-champ de la noix de cajou, qui passe à 425 FCFA le kilogramme pour la campagne 2025, soit une hausse de 54% par rapport à l’année précédente. Cette décision est un soutien direct aux près de 400 000 producteurs de cajou, un secteur qui, après le cacao et le caoutchouc naturel, génère les plus importantes devises d’exportation agricoles du pays.
La Côte d’Ivoire, troisième plus grand producteur et transformateur mondial de noix de cajou, après le Vietnam et l’Inde, connaît une dynamique de croissance rapide dans cette filière. En l’espace de deux décennies, la production est passée de 100 000 tonnes en 2002 à plus de 1,2 million de tonnes en 2012, confirmant l’essor de ce secteur stratégique pour l’économie ivoirienne.
Lors des Journées nationales du producteur de coton et de l’anacarde (JNPCA), qui se sont ouvertes le 17 janvier 2025, Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre d’État à l’Agriculture, a annoncé cette nouvelle mesure qui pourrait transformer le quotidien des producteurs. L’augmentation du prix minimum bord-champ de la noix de cajou est estimée à 173 milliards de FCFA supplémentaires pour les producteurs, portant ainsi leur revenu global à 489 milliards de FCFA pour la campagne 2025.
« Cette décision s’inscrit dans une dynamique visant à encourager la valorisation de notre production d’anacarde et à soutenir nos producteurs », a déclaré le ministre, soulignant l’impact potentiel de cette mesure sur la qualité de vie des producteurs.
L’annonce a été accueillie avec enthousiasme par les producteurs, qui y voient une reconnaissance de leur travail acharné. Karim Bamba, producteur et conseiller technique de l’Organisation des producteurs d’anacarde (OIA), a exprimé sa satisfaction : « Nous sommes fiers de constater que l’État a honoré nos efforts en rehaussant le prix du cajou. Nous leur en sommes reconnaissants. »
Cependant, cette joie est tempérée par un appel pressant aux autorités : les infrastructures routières demeurent un obstacle majeur pour le développement de la filière. Les producteurs insistent sur la nécessité de réhabiliter les routes, notamment dans les zones de production comme le Bounkani, le Hambol et le Zanzan, afin de faciliter l’évacuation de leurs produits vers les centres de collecte. Si les prix sont relevés, l’accessibilité aux marchés reste un défi que seul un investissement soutenu dans les infrastructures pourra résoudre.
Les producteurs espèrent que l’État poursuivra ses efforts pour renforcer les infrastructures et ainsi maximiser l’impact de cette mesure économique. Une telle initiative pourrait, selon eux, constituer un levier essentiel pour une meilleure compétitivité et une augmentation durable de leurs revenus.
En réaffirmant son soutien à l’agriculture, le gouvernement ivoirien cherche à renforcer la place de l’anacarde dans l’économie nationale, tout en améliorant les conditions de vie des producteurs. Cette évolution dans la filière anacarde, avec ses défis et ses opportunités, demeure essentielle pour la diversification et la résilience de l’économie agricole ivoirienne.
La Rédaction

