Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) du Niger a adopté une ordonnance marquant un tournant dans les règles régissant l’entrée, le séjour et la circulation des étrangers sur le territoire. Cette ordonnance vise à renforcer la sécurité nationale et à réguler les activités économiques étrangères dans un contexte de réformes en cours.
L’ordonnance N°2025-02, qui a été rendue publique, établit de nouvelles normes pour les étrangers, en spécifiant que l’entrée sur le territoire nigérien nécessite un titre de voyage ou un permis de séjour valide. Au bout de trois mois, il devient impératif pour toute personne étrangère de se conformer à des exigences supplémentaires, telles qu’un permis de séjour ou une carte de résident.
Certaines activités économiques seront désormais soumises à des autorisations spécifiques, dont les détails seront précisés par des décrets ultérieurs. Le texte classe les étrangers en deux catégories : les « non-immigrants », comprenant les diplomates, les agents d’organismes étrangers et les voyageurs en transit, et les « immigrants », qui regroupent toutes les autres personnes. Cette distinction impacte les documents requis pour leur séjour.
En ce qui concerne la circulation sur le sol nigérien, une liberté est garantie, bien que des restrictions puissent être imposées pour des raisons de sécurité nationale ou d’ordre public, en cas de comportements jugés problématiques. L’ordonnance prévoit également des mesures renforcées pour traiter les violations, avec la possibilité pour le ministre de l’Intérieur ou, en situation d’urgence, les forces de l’ordre, de procéder à l’expulsion d’un étranger. Toutefois, aucune expulsion ne pourra avoir lieu vers un pays où la sécurité de l’individu serait compromise.
Ces nouvelles dispositions s’inscrivent dans une dynamique visant à mieux gérer les flux migratoires tout en préservant les intérêts du Niger, dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes avec plusieurs pays de la région et de l’Occident.
La Rédaction

