Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a récemment conclu une visite de trois jours à Nouakchott, marquée par des discussions autour de plusieurs enjeux stratégiques entre la Mauritanie et le Sénégal. La rencontre avec son homologue mauritanien, Moctar ould Diaye, a mis en lumière des dossiers clés, à commencer par le lancement de la deuxième phase du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, un gisement transfrontalier offshore. Ce projet, au cœur des négociations, est vu comme un levier pour renforcer les liens économiques entre les deux nations.
Les relations entre la Mauritanie et le Sénégal sont anciennes et multifacettes, imprégnées par la géographie, l’histoire et des enjeux économiques partagés. En plus des discussions sur le développement de Grand Tortue Ahmeyim, les deux dirigeants ont abordé d’autres sujets cruciaux, tels que la pêche artisanale, la lutte contre l’immigration irrégulière, la sécurité transfrontalière et l’achèvement des travaux du pont de Rosso, reliant les deux pays via le fleuve Sénégal.
Le projet gazier, dans sa première phase, a été marqué par des hausses de coûts de 60% par rapport aux prévisions initiales. Ce phénomène a poussé les gouvernements sénégalais et mauritanien à lancer des audits afin de comprendre les raisons de cette inflation budgétaire. Les prévisions concernant les bénéfices du projet pour les deux pays sont néanmoins prometteuses, avec des recettes attendues entre 80 et 90 milliards de dollars sur une période de 20 ans.
Le journaliste Ahmed Cheikh souligne que ces relations sont vitales pour les deux nations, et que les discours populistes prononcés par le Premier ministre sénégalais lors de la campagne électorale sur des sujets comme la révision des accords sur le gaz semblent avoir été relativisés une fois confronté aux réalités de gouverner. En effet, les conventions signées ne peuvent être modifiées du jour au lendemain sans conséquences notables.
Le rapprochement entre les deux pays se manifeste également par la première visite à l’étranger du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui a choisi la Mauritanie, consolidant ainsi un partenariat stratégique essentiel. Le développement de la deuxième phase du champ gazier demeure le principal axe de collaboration entre les deux nations, un projet qui nécessite une harmonisation des positions face à BP, l’opérateur principal du projet.
Les enjeux de sécurité régionale, notamment dans la zone du Sahel, sont également au cœur des préoccupations. Avec la montée de la violence terroriste, la stabilité de la Mauritanie et du Sénégal représente un point d’ancrage face aux menaces. Moussa Hamed, ancien directeur de l’Agence de presse gouvernementale, rappelle que les relations entre les deux pays sont si proches que de nombreux citoyens des deux nations ne se considèrent pas étrangers lorsqu’ils franchissent la frontière.
En somme, cette visite a été un moment de renforcement des liens bilatéraux, marquée par la volonté des deux pays de surmonter les défis économiques et sécuritaires ensemble.
La Rédaction

