Après plus de deux années de blocage institutionnel, le Parlement libanais se réunit pour tenter d’élire un nouveau président. Cette session pourrait marquer la fin d’une impasse politique qui paralyse le pays depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022.
Joseph Aoun, le candidat pressenti
Le général Joseph Aoun, chef de l’armée libanaise, émerge comme le favori de cette élection. Soutenu par des acteurs influents comme les États-Unis et l’Arabie saoudite, il bénéficie également de divers appuis internes. Ces derniers jours, plusieurs obstacles ont été levés, ouvrant la voie à une élection possible. Le quorum des 86 députés requis semble assuré, et une majorité simple de 65 voix pourrait suffire lors des tours de scrutin suivants.
Même s’il n’a pas déclaré officiellement sa candidature, Joseph Aoun recueille des soutiens de poids. Le retrait de Sleimane Frangié, un leader chrétien maronite soutenu par le Hezbollah, a considérablement modifié les équilibres politiques. Désormais, le Hezbollah et ses alliés ne sont plus liés par leurs engagements antérieurs. Par ailleurs, Joseph Aoun bénéficie de l’appui du leader druze Walid Joumblatt, des députés sunnites et d’une trentaine de parlementaires de l’opposition, dont le parti chrétien des Forces libanaises.
Un système confessionnel à bout de souffle
Le Liban fonctionne selon un système confessionnel qui répartit les principales fonctions de l’État entre les communautés religieuses. Le président doit être un chrétien maronite, le Premier ministre un musulman sunnite et le président du Parlement un musulman chiite. Cependant, ce modèle, conçu pour garantir une forme de coexistence, est devenu source de blocages récurrents.
Depuis deux ans, le Hezbollah et ses alliés ont usé de leur influence pour empêcher toute élection, boycottant les sessions parlementaires nécessaires pour atteindre le quorum. La tentative la plus récente, en juin 2023, avait échoué, laissant le pays dans une impasse politique aggravée par une crise économique sans précédent.
Une lueur d’espoir fragile
L’affaiblissement régional et militaire du Hezbollah semble avoir redéfini les rapports de force. Cette élection, bien qu’incertaine, offre une chance rare de sortir le Liban de la vacance présidentielle. Pourtant, le chemin reste semé d’embûches. Si Joseph Aoun parvient à s’imposer, sa présidence devra faire face à des défis colossaux, allant de la réforme du système politique à la gestion d’une économie en pleine débâcle.
Le Parlement libanais a aujourd’hui une occasion cruciale de briser l’impasse. Mais l’histoire récente montre que les promesses de consensus au Liban se transforment souvent en nouvelles impasses. La séance de ce jeudi pourrait donc être un premier pas vers une solution… ou un prolongement de l’impasse actuelle.
La Rédaction

