Lors de la Conférence annuelle des ambassadrices et des ambassadeurs ce lundi 6 janvier, Emmanuel Macron a présenté les grandes orientations de la politique étrangère française pour 2025. Revenant sur l’intervention militaire de la France au Sahel, il a souligné son importance dans la lutte contre le terrorisme, tout en exprimant sa frustration face au manque de reconnaissance des dirigeants africains.
Une décennie d’efforts pour un bilan mitigé
« La France a eu raison d’agir contre le terrorisme en Afrique depuis 2013 », a affirmé Emmanuel Macron. Selon lui, les interventions militaires françaises, notamment les opérations Serval et Barkhane, ont permis de préserver la souveraineté de nombreux pays africains. « Aucun d’entre eux ne pourrait aujourd’hui se dire pleinement souverain sans cette intervention », a-t-il insisté.
Malgré cet engagement, qui a coûté la vie à 58 soldats français, le président français déplore un manque de reconnaissance : « On a oublié de nous dire merci. Ce n’est pas grave, ça viendra avec le temps », a-t-il ironisé.
Un retrait imposé par les réalités politiques
Entre 2022 et 2023, la France a dû retirer ses troupes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, à la suite de coups d’État militaires dans ces pays. Emmanuel Macron a clarifié la position de Paris : « Nous étions là à la demande d’États souverains. Nous sommes partis parce que la France n’a pas vocation à être le supplétif de putschistes. »
Cette réorganisation s’inscrit dans une vision renouvelée des relations avec l’Afrique. « Nous devons sortir d’un dialogue otage d’un discours post-colonial et d’un panafricanisme contemporain. » La réduction des effectifs militaires français au Tchad et les demandes similaires du Sénégal traduisent cette évolution.
« Le monde change, et nous aussi »
Face aux critiques, le président français a insisté sur la nécessité de revoir la présence française sur le continent africain. « Certains regrettent le passé, d’autres ne comprennent pas ou refusent de comprendre. Mais ce changement est une bonne chose, car il s’inscrit dans un nouveau partenariat avec l’Afrique », a-t-il conclu.
L’Algérie sous le feu des critiques
Dans un autre registre, Emmanuel Macron a sévèrement critiqué le gouvernement algérien pour la détention de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, arrêté en novembre. « L’Algérie se déshonore », a-t-il déclaré.
Fustigeant une situation qu’il qualifie d’indigne, il a exhorté Alger à libérer l’auteur, gravement malade : « L’Algérie que nous aimons tant ne peut pas s’abaisser à empêcher un homme de se soigner. »
Avec ces déclarations, Emmanuel Macron a marqué sa volonté de poursuivre un dialogue franc et exigeant, tout en réaffirmant les grands principes de la diplomatie française.
La Rédaction

