Face à une demande énergétique croissante et des enjeux climatiques pressants, plusieurs pays d’Afrique du Nord se tournent vers l’énergie nucléaire. Avec des projets ambitieux et des partenariats internationaux, cette région s’engage progressivement dans un virage stratégique aux retombées économiques et environnementales majeures.
L’Égypte, pionnière régionale
Parmi les nations nord-africaines, l’Égypte est à la pointe avec la centrale nucléaire d’El-Dabaa. Située sur la côte méditerranéenne, cette installation, en partenariat avec la Russie, prévoit l’installation de quatre réacteurs VVER-1200, chacun doté d’une capacité de 1 200 MW. Une fois achevée en 2030, elle produira 4 800 MW, répondant ainsi à une part significative des besoins énergétiques égyptiens. Ce projet, débuté en juillet 2022, incarne l’ambition du Caire d’assurer son indépendance énergétique tout en participant à la transition mondiale vers des énergies décarbonées.
Maroc : une loi pour préparer l’avenir
Le Maroc n’est pas en reste. Avec son mix énergétique déjà marqué par les énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, le royaume aspire à inclure le nucléaire. En mai 2023, une loi baptisée “relance nucléaire” a été adoptée, plaçant le pays dans la phase dite “de décision”. Cette stratégie législative vise à garantir une énergie durable et compétitive pour soutenir l’essor économique marocain. Cependant, les détails sur la construction d’une centrale nucléaire restent encore à préciser.
Algérie : une exploration prudente
L’Algérie adopte une approche plus mesurée. Le pays possède déjà deux réacteurs à vocation de recherche et a signé des accords avec des partenaires internationaux, dont la Russie, pour étudier les possibilités offertes par l’énergie nucléaire. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie globale visant à diversifier les sources d’énergie et à maximiser les ressources naturelles nationales. Toutefois, aucun projet concret de centrale à grande échelle n’a été annoncé.
Tunisie : des ambitions encore timides
Pour la Tunisie, le nucléaire reste une option parmi d’autres dans le cadre de ses plans énergétiques. Bien que des discussions préliminaires soient en cours, aucun projet tangible n’a encore vu le jour. Les autorités tunisiennes examinent encore les possibilités et les collaborations potentielles pour intégrer cette technologie à leur stratégie énergétique.
Entre promesses et défis
Si le nucléaire offre des avantages considérables, comme la réduction des émissions de carbone et la stabilité énergétique, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un pari audacieux. Les coûts initiaux élevés, les exigences techniques et la nécessité de cadres réglementaires robustes posent des défis importants. De plus, la question des déchets radioactifs et de la sécurité des installations reste cruciale.
Malgré ces défis, l’énergie nucléaire pourrait représenter une solution durable pour l’Afrique du Nord. Face aux fluctuations des marchés énergétiques mondiaux et aux contraintes environnementales, cette région semble prête à embrasser une technologie qui pourrait changer la donne.
L’avenir dira si ces ambitions se concrétisent, mais une chose est sûre : l’Afrique du Nord s’inscrit dans une dynamique où le nucléaire devient un acteur clé du développement énergétique.
La Rédaction

