Lors de son discours de Nouvel An, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé une décision historique : le retrait de toutes les présences militaires étrangères, y compris les bases françaises, d’ici 2025.
Une rupture inédite avec le passé
Dans son adresse à la nation, Bassirou Diomaye Faye a affirmé : « J’ai instruit le ministre des Forces armées de proposer une nouvelle doctrine de coopération en matière de défense et de sécurité, impliquant, entre autres conséquences, la fin de toutes les présences militaires de pays étrangers au Sénégal dès 2025. » Cette déclaration marque un tournant décisif dans les relations entre Dakar et ses partenaires étrangers, notamment la France, avec laquelle le Sénégal partage une longue histoire de coopération militaire.
Élu en mars 2024, le président Faye incarne une volonté de souveraineté retrouvée, promesse phare de sa campagne. Pour la première fois, une date est fixée pour le départ des bases étrangères, témoignant d’un changement radical dans la politique de défense sénégalaise.
Le choix du souverainisme
Figure du panafricanisme de gauche, Bassirou Diomaye Faye prône une rupture avec le passé. En novembre dernier, il avait déjà dénoncé la présence de bases militaires françaises comme incompatible avec la souveraineté nationale. « Le Sénégal est un pays indépendant, et la souveraineté ne s’accommode pas de la présence de bases militaires étrangères », avait-il déclaré, soulignant la nécessité de repenser les relations internationales du pays.
Pour autant, le président a tenu à apaiser les inquiétudes : « Tous les amis du Sénégal seront traités comme des partenaires stratégiques, dans le cadre d’une coopération ouverte, diversifiée et décomplexée. »
Une coopération redéfinie
Cette décision s’accompagne d’une révision de la doctrine militaire sénégalaise. Le président Faye a évoqué une coopération internationale basée sur des partenariats égalitaires, sans dépendance excessive envers un pays ou un bloc.
Si ce choix témoigne d’une volonté d’affirmer une souveraineté nationale pleine et entière, il reste à voir comment cette nouvelle orientation influencera les relations du Sénégal avec ses alliés traditionnels, et plus largement, son rôle sur la scène africaine et mondiale.
En prenant cette position forte, Bassirou Diomaye Faye inscrit son mandat sous le signe d’un Sénégal maître de son destin.
La Rédaction

