La politique de gratuité des lycées au Ghana, mise en place en 2017, représente une avancée majeure dans l’accès à l’éducation, mais nécessite une révision en profondeur pour atteindre pleinement ses objectifs. Selon un conseiller du président élu John Mahama, il est essentiel de garantir un financement durable et de résoudre les inégalités persistantes entre les zones rurales et urbaines.
Une réforme ambitieuse mais incomplète
Introduit sous le nom de Free Senior High School (SHS), le programme visait à démocratiser l’accès à l’éducation secondaire, alléger les charges financières des familles et réduire les disparités entre les régions. Toutefois, sept ans après son lancement, les défis restent nombreux. Si les inscriptions ont considérablement augmenté, passant de 813 000 en 2017 à plus de 1,2 million en 2023, la qualité de l’enseignement n’a pas suivi cette croissance.
Les écoles rurales, historiquement sous-équipées en raison des inégalités héritées de l’époque coloniale, peinent à accueillir cet afflux d’élèves. Classes surchargées, manque d’enseignants et infrastructures inadéquates compromettent la promesse d’un enseignement transformateur.
Le défi du financement
Le financement du programme repose largement sur les revenus pétroliers via le Budget Annuel de Financement (ABFA), une source instable en raison des fluctuations des prix du pétrole. Cette dépendance expose le programme à des risques de durabilité.
Pour pérenniser la gratuité de l’enseignement secondaire, une révision de la structure fiscale du Ghana est proposée. Une légère augmentation de la TVA, alignée sur les standards internationaux, pourrait fournir un financement plus stable. Cette mesure permettrait une redistribution équitable des coûts, tout en évitant de surcharger un segment spécifique de la population.
Une éducation de qualité au cœur de la réforme
Cependant, l’amélioration de l’accès ne suffit pas. Pour garantir une éducation de qualité, le Ghana doit investir dans la formation des enseignants, moderniser les infrastructures et soutenir les filières professionnelles et scientifiques. Des exemples comme la Finlande ou la Corée du Sud montrent qu’un engagement soutenu dans ces domaines peut produire des résultats exceptionnels.
Une vision pour l’avenir
Le Ghana est à un tournant. Une refonte complète de la politique de gratuité des lycées est nécessaire, non pour l’abandonner, mais pour en maximiser l’impact. En s’attaquant aux inégalités structurelles, en assurant un financement stable et en plaçant la qualité au centre des priorités, le pays peut réaliser une véritable transformation de son système éducatif.
L’objectif est clair : offrir à chaque enfant, qu’il vive à Accra ou dans un village reculé, une éducation de qualité qui lui ouvre les portes d’un avenir prometteur. Le moment est venu de passer à l’action.
La Rédaction

