Jusqu’au 16 décembre, Dakar accueille un forum réunissant des représentants d’ONG d’Afrique centrale et de l’Ouest pour débattre d’une problématique persistante : l’accès à l’eau potable et l’assainissement. Les statistiques d’organisations internationales dressent un tableau préoccupant de la situation.
Ousmane Dambadji, président du Réseau des journalistes pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement, appelle à aller au-delà des engagements juridiques pour garantir un accès effectif, notamment dans les zones rurales. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), seulement 31 % de la population d’Afrique subsaharienne a accès à de l’eau potable gérée de manière sécurisée, et 17 % des habitants continuent de pratiquer la défécation à l’air libre, avec toutes les conséquences sanitaires que cela entraîne. De plus, 14 % de la population passe plus de 30 minutes par jour pour obtenir de l’eau potable.
L’OMS rapporte également que 8 % des décès en Afrique subsaharienne sont causés par des diarrhées liées à la contamination de l’eau par des bactéries, parasites et autres agents pathogènes. À l’échelle mondiale, près de 500 millions de personnes continuent de polluer rivières, lacs et littoraux en pratiquant la défécation à l’air libre.
Fatmata Bance, secrétaire permanente des ONG au Burkina Faso, met en lumière les destructions causées par les groupes terroristes, qui démantèlent les infrastructures hydrauliques dans des régions déjà en pénurie d’eau potable. Elle déplore que ces attaques aggravent une situation déjà critique, privant des communautés entières d’accès à des services essentiels. Pour Ousmane Dambadji, la délégation excessive de ce secteur aux partenaires externes empêche la mise en place de solutions durables, freinant ainsi l’avancée des réformes.
Bien que le Sénégal ne soit pas confronté aux mêmes défis que certains pays subsahariens, il connaît néanmoins des difficultés. En juin dernier, la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars pour soutenir le Sénégal dans l’amélioration des services d’assainissement et des ressources en eau dans les zones prioritaires en matière de sécurité hydrique. Ce projet, qui bénéficiera dans un premier temps à 600 000 habitants du Grand Dakar, permettra d’améliorer l’accès à des services d’assainissement fiables. En outre, la gestion plus efficace de l’eau touchera plus de 7 millions de personnes à l’échelle nationale, notamment 3 000 agriculteurs qui bénéficieront d’une irrigation pour 600 hectares grâce à l’utilisation d’eaux usées traitées.
La Rédaction

