Les autorités béninoises ont levé plusieurs restrictions concernant la circulation des personnes et des marchandises entre le Bénin et le Niger. Cette décision marque une tentative d’apaisement dans un contexte diplomatique tendu depuis juillet 2023, bien que la frontière nigérienne demeure fermée.
Dans une récente directive, la douane béninoise autorise l’exportation de produits béninois vers le Niger, l’importation de marchandises nigériennes, ainsi que la libre circulation des personnes dans les deux sens. Toutefois, les autorités insistent sur des contrôles renforcés afin d’empêcher tout transport d’armes, de munitions ou de matériel susceptible d’alimenter les activités des groupes armés.
Cette initiative s’inscrit dans une série de démarches visant à normaliser les relations entre les deux voisins. En octobre, le Bénin avait déjà donné son agrément à Kadade Chaibou, nouvel ambassadeur nigérien à Cotonou.
Les tensions étaient nées après le coup d’État militaire au Niger en juillet 2023, qui avait renversé le président Mohamed Bazoum. Malgré la levée des sanctions imposées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Niamey maintient sa frontière fermée avec le Bénin, accusant ce dernier d’héberger des installations militaires françaises perçues comme une menace. Cotonou et Paris nient ces allégations.
Par ailleurs, le président béninois Patrice Talon conditionne l’exportation du pétrole nigérien via le port béninois à une réouverture de la frontière. Ce dossier est sensible, notamment après l’arrestation en juin de cinq Nigériens, dont Moumouni Hadiza Ibra, directrice adjointe de Wapco-Niger, accusés d’usurpation de titres et d’usage de données falsifiées. Trois d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison avec sursis, exacerbant la crise diplomatique.
Malgré ces épisodes, les récentes mesures traduisent une volonté mutuelle de retrouver un équilibre dans les relations bilatérales.
La Rédaction

