Les tensions politiques au Mali augmentent, surtout après les récentes déclarations de Choguel Kokalla Maïga, le Premier ministre de transition. Lors d’un meeting le 16 novembre 2024, il a exprimé son mécontentement concernant la gestion de la transition par les militaires au pouvoir, critiquant le report des élections prévues initialement pour mars 2024.
Choguel Maïga, qui a été nommé Premier ministre par les militaires après le coup d’État de 2021, a dénoncé ce qu’il considère comme une exclusion de sa part dans les décisions importantes du gouvernement. Il a déclaré avoir appris par les médias que les élections étaient reportées, une décision qu’il juge dangereuse et qui pourrait nuire à la stabilité politique. Bien que les militaires n’aient pas encore réagi officiellement à ses critiques, plusieurs organisations qui les soutiennent demandent sa démission pour « haute trahison ».
Des experts pensent que Maïga essaie de se repositionner politiquement. Certains estiment qu’il cherche à se distancier des échecs de la transition en se présentant comme un défenseur des valeurs démocratiques face à un régime militaire jugé autoritaire. Un ancien ministre a dit : « Il cherche à se blanchir devant l’opinion nationale parce qu’il a été exclu du pouvoir. » Maïga pourrait aussi vouloir provoquer son propre limogeage pour se poser en victime et améliorer son image auprès des électeurs. Ce comportement est vu par certains comme une « logique de déstabilisation »
Les organisations soutenant les militaires ont rapidement réagi, accusant Maïga d’être destructeur. Le Collectif pour la Défense des Militaires (CDM) a demandé sa révocation, tandis que d’autres groupes pro-junte ont organisé des manifestations pour soutenir cette demande.
Choguel Kokalla Maïga se trouve à un moment crucial. Sa stratégie risquée pourrait l’aider à maintenir sa légitimité politique ou, au contraire, le faire perdre son poste. Seule les semaines, les mois ou les années à venir nous diront de quel côté de l’histoire il se trouverait
La Rédaction

