À la veille du référendum constitutionnel au Gabon, Albert Ondo Ossa, qui a été candidat à la dernière élection présidentielle, demande aux Gabonais de rejeter le projet de nouvelle Constitution. Dans une interview avec RFI, ce professeur d’université de 70 ans explique pourquoi il s’oppose à ce texte proposé par la junte militaire au pouvoir.
« Je recommande au peuple gabonais de voter pour la République », dit Albert Ondo Ossa. Il critique le texte en disant qu’il vise à donner de la crédibilité et de la légitimité au président de la transition, le général Brice Oligui Nguema. Selon lui, « un texte ne peut pas rendre légal ce qui est illégal, ni légitimer ce qui est illégitime ». Concernant la limitation d’âge à 70 ans pour se présenter à la présidentielle, qui l’exclurait, il répond : « Je ne me sens pas du tout visé. Le choix est simple : c’est soit la République, soit la déchéance. »
Albert Ondo Ossa se retrouve aujourd’hui un peu isolé politiquement, car certain de ses anciens alliés soutiennent le « oui ». Il déclare : « Chacun est libre de faire ce qu’il pense. Ils étaient mes alliés à l’époque, mais ils ne le sont plus maintenant. » Il assure que « la majorité du peuple gabonais me soutient ». Il parle aussi de son alliance avec d’anciens membres du régime Bongo qui sont contre le texte. Il dit : « En politique, il y a des tactiques et des stratégies. On peut avoir des alliés selon les circonstances. »
Il conclut en répétant sa position : « Les militaires doivent retourner dans les casernes. » Les Gabonais voteront samedi 16 novembre pour décider s’ils acceptent ou non ce projet de nouvelle Constitution.
La Rédaction

