Quel est le quotidien des jeunes Africains vivant à l’étranger ? Selon les dernières données, la diaspora africaine compte plus de 619 000 membres en France, 1,2 million au Royaume-Uni et 2,1 millions aux États-Unis. Face aux stéréotypes persistants sur le continent, l’organisation Africa No Filter a mené une étude sur l’impact de ces préjugés sur l’identité et le sentiment d’appartenance des jeunes Africains dans ces trois pays.
L’enquête a impliqué 70 jeunes Africains âgés de 18 à 28 ans, répartis entre les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, et a été centrée sur des membres de la première ou deuxième génération, qu’ils soient nés à l’étranger ou arrivés jeunes. La majorité de ces participants n’avait que de vagues souvenirs de l’Afrique, s’appuyant principalement sur les récits et les informations véhiculées dans leur pays d’accueil.
Le rapport intitulé Being African: How Young Africans Experience the Diaspora (Être Africain : comment les jeunes Africains vivent la diaspora) met en lumière les diverses formes de discrimination rencontrées par ces jeunes. En France, ils font face à un exotisme, au Royaume-Uni à des micro-agressions, tandis qu’aux États-Unis, ils sont souvent victimes de surveillance et de profilage. Malgré cette discrimination, ces jeunes se disent fiers de leur héritage culturel, embrassant les langues, la cuisine et la musique africaines, tout en restant profondément connectés à la culture de leur pays d’accueil.
Bien que les récits médiatiques sur l’Afrique soient souvent négatifs, les jeunes de la diaspora ne se laissent pas entièrement influencer par ces stéréotypes. Au lieu de cela, ils s’appuient sur leurs interactions personnelles, les réseaux sociaux et parfois des voyages en Afrique pour façonner leur compréhension de leur identité africaine.
Les événements récents, notamment les tensions raciales dans leurs pays d’accueil, ont aussi renforcé leur intérêt pour leurs racines africaines. Beaucoup d’entre eux s’engagent activement à redécouvrir leur héritage en étudiant l’histoire de l’Afrique, en adoptant des styles vestimentaires et des coiffures africains, ainsi qu’en choisissant des noms d’origine africaine.
Le rapport souligne que, malgré des expériences de discrimination variées, ces jeunes ressentent souvent un manque d’appartenance dans les pays où ils vivent. Ils se tournent alors vers leur identité africaine, qu’ils considèrent comme une source de fierté à cultiver et à développer au fil du temps. Par ailleurs, la capacité à parler une langue africaine est jugée essentielle pour leur identité, même chez ceux qui n’en maîtrisent pas encore une.
Les récentes vagues de conscientisation raciale à travers le monde, avec des mouvements comme #BlackLivesMatter, ont motivé les jeunes à explorer davantage leur héritage. Ils cherchent à mieux comprendre l’Afrique par divers canaux, notamment leurs familles, les livres et les réseaux sociaux. Ceux ayant voyagé sur le continent rapportent une compréhension plus nuancée des cultures africaines.
À travers leur expérience, ces jeunes constatent que la représentation médiatique de l’Afrique demeure biaisée, souvent axée sur des stéréotypes négatifs. Cependant, ils développent une perspective critique qui leur permet de ne pas être trop influencés par ces narrations. Ils s’inquiètent néanmoins de l’impact de ces récits sur la perception qu’ont les non-Africains de leur continent d’origine.
Même les récits positifs concernant l’Afrique semblent souvent se concentrer sur des individus remarquables, tels que des étudiants qui remportent des prix ou des entrepreneurs innovants. Cette focalisation sur les succès individuels contribue à perpétuer une image stéréotypée du continent, laissant peu de place à une vision plus globale et positive de l’Afrique.
La Rédaction

