Le Premier ministre burkinabè, Dr Apollinaire Kyelem de Tambèla, a présenté ses excuses le 10 octobre 2024, lors d’une conférence de presse à Ouagadougou, pour des propos polémiques qu’il avait tenus sur l’efficacité des fétiches dans la lutte anti-terroriste. Il avait critiqué l’utilisation des fétiches, les qualifiant d’inefficaces face aux menaces modernes comme le terrorisme, ce qui a suscité une vive polémique et des critiques au sein de la population. Reconnaissant l’impact de ses paroles, il a exprimé ses regrets et a souligné l’importance des valeurs traditionnelles et culturelles pour le gouvernement actuel.
Certaines pratiques culturelles spécifiques comme les rites et cérémonies traditionnels, les conseils des sages, les alliances interethniques et interreligieuses peuvent être particulièrement utiles dans la lutte contre le terrorisme. Entre autres, à travers les cérémonies, les rituels de protection, le gouvernement burkinabè pourrait mobiliser les communautés et renforcer leur résilience face aux menaces extérieures. Les conseils traditionnels, composés de chefs et de sages locaux, pourraient également contribuer à la résolution et à la prévention des tensions terroristes. Ces pratiques, lorsqu’elles seraient intégrées de manière respectueuse et stratégique, pourront compléter les efforts modernes de lutte contre le terrorisme.
Pour rappel, le Burkina Faso fait face à une grave crise sécuritaire depuis plusieurs années, avec des attaques terroristes fréquentes menées par divers groupes armés. D’après News UN, depuis 2015, les attaques attribuées à des groupes djihadistes ont fait des milliers de morts et près de deux millions de déplacés au Burkina. Selon le HCR, la crise du déplacement au Burkina Faso est l’une de celles qui se développent « le plus rapidement dans le monde ».
En 2022, le Burkina Faso a enregistré 310 incidents terroristes, contre 224 en 2021. Le pays a été le deuxième au monde le plus touché par le terrorisme en 2022, avec 1 135 décès enregistrés, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2021 et Plus de la moitié des décès en 2022 étaient des civils, avec 642 décès soit 57 % du total. Ces chiffres montrent l’ampleur de la crise sécuritaire au Burkina Faso et l’impact dévastateur sur la population civile.
La Rédaction

