Le Royaume-Uni a annoncé le 3 octobre 2024 un accord marquant un tournant dans ses relations avec l’île Maurice, après des décennies de différend. Selon cet “accord historique”, Maurice reprendra la souveraineté sur les îles Chagos, mais la Grande-Bretagne conservera la base militaire stratégique qu’elle partage avec les États-Unis sur l’île de Diego Garcia, la plus grande de l’archipel.
Cette concession met fin à des années de pressions internationales et de batailles juridiques. Depuis la séparation des Chagos de Maurice en 1965 pour y établir une base militaire, le Royaume-Uni avait résisté à toute rétrocession, en raison de l’importance stratégique de Diego Garcia. Utilisée par les États-Unis lors des guerres en Afghanistan et en Irak, cette base reste un atout majeur pour les opérations militaires dans l’océan Indien et le Golfe.
Le président américain Joe Biden a salué l’accord, affirmant que Diego Garcia est « vital pour la sécurité nationale, régionale et mondiale ». De son côté, David Lammy, ministre des Affaires étrangères britannique, a souligné que cet accord met fin à toute contestation juridique internationale et protège le statut de la base à long terme.
Cet accord marque également une victoire diplomatique pour l’île Maurice, qui revendiquait l’archipel depuis son indépendance en 1968. Pour le ministre mauricien des Affaires étrangères, cet événement constitue un « moment fondateur » dans les relations entre les deux pays.
L’accord est perçu comme une réponse aux appels répétés de la communauté internationale, notamment après que la Cour internationale de justice et l’Assemblée générale des Nations Unies ont exigé, en 2019, la restitution des îles à Maurice. Avec cet accord, le Royaume-Uni parvient à préserver ses intérêts militaires tout en respectant le droit international, offrant ainsi une solution à ce litige colonial vieux de plusieurs décennies.
La Rédaction

