En Gambie, un journaliste a été arrêté après avoir affirmé que le président Adama Barrow préparait sa démission avant les élections de 2026. L’incident a suscité une vague d’indignation, notamment en raison des déclarations de Barrow, qui s’est récemment présenté comme un ardent défenseur de la liberté de la presse lors d’une conférence à l’ONU.
Momodou Darboe, journaliste pour *The Voice*, a publié un article affirmant que le président Barrow « travaillait sur un plan de sortie » et avait choisi l’homme d’affaires Muhammed Jah comme son successeur. Ces allégations ont provoqué une réaction immédiate des avocats du président, qui ont qualifié les informations de « fausses et diffamatoires », menaçant d’engager des poursuites judiciaires contre le journal.
Jeudi, la police a arrêté Darboe ainsi que Musa Sheriff, le rédacteur en chef du journal, sous l’accusation de fausse publication et de diffusion d’informations susceptibles de provoquer une « alarme publique ». Si Sheriff a été libéré sous caution, Darboe reste accusé d’avoir publié des informations trompeuses visant à déstabiliser l’opinion publique.
Malgré ces événements, la police gambienne a tenu à souligner dans un communiqué l’importance d’un journalisme responsable tout en réitérant son engagement à respecter la liberté de la presse. Cependant, ces arrestations surviennent à un moment délicat, alors que Barrow s’était vanté quelques jours plus tôt à l’Assemblée générale des Nations Unies que la Gambie était un modèle de liberté d’expression depuis la chute de Yahya Jammeh en 2017.
L’Union de la presse gambienne a condamné ces menaces judiciaires, qualifiant l’incident d’« inutile » et de véritable menace pour la liberté de la presse dans le pays. Reporters sans frontières (RSF) a également rappelé que depuis 2018, la Cour suprême avait jugé inconstitutionnelles les sanctions pénales pour diffamation, une décision qui avait contribué à l’amélioration de la situation des journalistes en Gambie.
Ce retournement de situation interroge sur l’engagement réel des autorités gambiennes en matière de liberté de la presse, un pilier fondamental dans la consolidation de la démocratie.
La Rédaction

