Le gouvernement du Ghana a pris une décision marquante ce mercredi en augmentant de 45 % le prix à la production du cacao pour la saison 2024/2025. Cette mesure vise à freiner la contrebande transfrontalière, un problème qui impacte négativement l’économie du pays et ses producteurs.
Désormais, un sac de 64 kg de fèves de cacao coûtera 192 dollars, contre 132 dollars précédemment. Cette initiative ne se limite pas à contrer les ventes illégales, elle est aussi conçue pour améliorer les conditions de vie des cultivateurs à l’aube de la nouvelle saison, a précisé le ministre de l’Agriculture lors de l’annonce.
Une augmentation exceptionnelle
Avec cette hausse, le prix à la ferme atteint 3 063 dollars par tonne, une progression de 129 % par rapport aux 1 335 dollars de la saison précédente. « C’est une augmentation historique de 129,36 % », a souligné le ministre Acheampong. Il a ajouté que cette initiative reflète l’engagement du gouvernement à soutenir le secteur du cacao, un pilier de l’économie ghanéenne, tout en renforçant le revenu des agriculteurs.
Combattre la contrebande
Le gouvernement avait déjà ajusté les prix en milieu de saison l’année dernière, mais cette nouvelle augmentation est bien plus conséquente. Les prix du cacao à l’échelle internationale ayant atteint des sommets, à plus de 7 000 dollars la tonne, en raison de mauvaises récoltes au Ghana et en Côte d’Ivoire, l’une des premières décisions a été d’augmenter les prix à la production. Cette politique vise à décourager les ventes illicites vers les pays voisins, où les prix peuvent être plus avantageux pour les agriculteurs.
En rémunérant mieux les cultivateurs, le gouvernement espère non seulement réduire la contrebande, mais aussi encourager les agriculteurs à réinvestir dans leurs plantations, ce qui pourrait améliorer l’approvisionnement mondial.
Un secteur sous pression
Le secteur du cacao, qui contribue à près de 10 % du PIB du Ghana, est en proie à des difficultés depuis plusieurs années. La baisse des rendements est attribuée aux conditions climatiques défavorables, aux maladies, et au manque d’intrants agricoles. De plus, la contrebande vers des pays offrant de meilleurs prix a exacerbé les problèmes internes.
En outre, la dépréciation de la monnaie nationale, le cedi, a fortement réduit les marges bénéficiaires des agriculteurs. En 2023, le cedi a perdu plus de 20 % de sa valeur face au dollar, augmentant les coûts de production dans un contexte où les prix des engrais et du transport ont déjà flambé. La dégradation des routes dans les zones rurales a, par ailleurs, amplifié ces difficultés logistiques.
Le secteur fait également face à une autre menace majeure : la maladie du virus du gonflement des pousses du cacao, qui a ravagé près de 500 000 hectares de plantations, soit environ 29 % de la superficie totale du cacao au Ghana.
Cette augmentation significative des prix représente une lueur d’espoir pour les agriculteurs et pourrait redynamiser un secteur essentiel à l’économie ghanéenne. Reste à savoir si ces mesures suffiront à contrer les défis structurels que rencontrent les producteurs sur le long terme.
La Rédaction

