Au moins 129 personnes ont été tuées dont 24 par balles dans une tentative d’évasion survenue au cours de la semaine dernière dans la plus grande prison de la RDC à Kinshasa, la prison de Makala. Ce bilan a été rendu public par le ministre de l’intérieure Jacquemain Shabani dans une déclaration vidéo à la presse, ce qui relance le débat autour des conditions de vie dans les prisons en Afrique.
Il faut rappeler que la prison de Makala est surpeuplée et compte dix fois plus de détenus (entre 14 000 et 15 000) alors que sa capacité initiale est de 1500 places. Voici les faits relatés par le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani le lendemain du drame : « Ce lundi 02 septembre 2024 aux alentours de 2 heures du matin, une tentation d’évasion massive à la prison centrale de Makala a débouché sur les pertes en vies humaines et de dégâts matériels importants. Informé de cette situation et sur instruction de la haute hiérarchie, j’ai convoqué une réunion de crise avec les responsables des services de défenses et de sécurité. Le Bilan provisoire sur le plan humain s’élève à 129 morts dont 24 par balles après sommation, les autres par bousculades, étouffements et quelques femmes violées. La commission a également identifié 59 blessés actuellement pris en charge par le gouvernement pour des soins appropriés. Sur le plan matériel, on implore l’incendie des bâtiments administratifs, du greffe et de l’infirmerie et des dépôts de vivres… »
Cette tentative d’évasion n’est pas la première dans cette prison surpeuplée. Le 17 mai 2017, au moins 4 000 détenus se sont échappés de la même prison après qu’elle a été prise d’assaut par les membres de Bundu Dia Kongo, une organisation politique et religieuse, pour libérer leur chef qui était en détention. En janvier 2023, une ONG congolaise luttant pour les droits humains et la paix, la fondation Bill Clinton, révélait que 500 détenus de la prison centrale de Makala sont morts en 11 mois à cause des mauvaises conditions de détention liées à une surpopulation carcérale. En décembre 2022, selon les chiffres officiels partagés par l’administration pénitentiaire, la population carcérale dans les 142 prisons recensées en RDC s’élevait à 44 536 personnes. Les personnes incarcérées sont victimes de violations graves de leurs droits fondamentaux, notamment ceux relatifs au respect des garanties procédurales et au droit à des conditions de détention dignes et respectueuses des standards internationaux. Parmi elles, environ 70 % sont en attente de jugement. Dans 4 des principales prisons centrales du pays, Kinshasa, Goma, Matadi et Mbuji-Mayi le taux de surpopulation moyen est de 720 %.
Cette énième évasion de la prison de Kampala relance le débat autour des conditions de détention sur le continent africain où les prisons sont souvent surpeuplées et insalubres et des détenus qui parfois attendent très longtemps avant d’être jugés.
La Rédaction

