Les transferts de fonds envoyés par les migrants vers leurs pays d’origine atteignent des niveaux inégalés, surpassant désormais l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers. Ce phénomène met en lumière l’importance croissante de ces envois pour le financement des économies des pays en développement, notamment en Afrique.
D’après les prévisions de la Banque mondiale, les transferts de fonds des migrants vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient culminer à 669 milliards de dollars en 2023. Ce montant, déjà élevé, devrait continuer à croître en 2024, avec une augmentation prévue de 3,1 %, portant le total des transferts à environ 690 milliards de dollars.
Cette dynamique est en partie alimentée par l’augmentation du nombre de migrants permanents, particulièrement dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Aux États-Unis, la reprise de l’emploi a bénéficié aux immigrants, dont le taux d’emploi a dépassé celui des natifs. En revanche, l’Arabie Saoudite, malgré une forte activité économique et un volume élevé de transferts par rapport à son PIB, a observé une diminution de 13 % de ces envois au premier semestre 2023. Cette baisse est attribuée aux ajustements post-Covid et aux nouvelles politiques migratoires, qui ont réduit les transferts vers des pays comme le Pakistan et plusieurs nations d’Afrique du Nord.
La situation en Russie est marquée par un recul notable des transferts vers l’Europe et l’Asie centrale. En raison des sanctions occidentales et de la guerre en Ukraine, ces transferts devraient diminuer de 1,4 % en 2023, atteignant environ 78 milliards de dollars. Les restrictions sur les transferts depuis la Russie, ainsi que la dépréciation du rouble, ont contribué à cette tendance.
Les coûts élevés des transferts demeurent un obstacle majeur. Au second trimestre 2023, les frais moyens étaient de 6,2 %, bien au-dessus de l’objectif de 3 % fixé pour 2030. Les transferts vers l’Afrique subsaharienne sont particulièrement onéreux, avec des frais de 7,9 %, contre 4,3 % pour l’Asie du Sud. Seules la Corée du Sud et l’Arabie Saoudite ont réussi à atteindre l’objectif des 5 % de frais, fixé par les pays du G20.
Ainsi, en 2024, les transferts de fonds des migrants continueront de jouer un rôle crucial dans le financement des économies africaines, malgré les défis posés par les coûts élevés et les fluctuations économiques globales.
La Rédaction

