Entre le Cameroun et la Guinée équatoriale, la tension couve. Dernier épisode en date : une expulsion massive de ressortissants camerounais, menée sans avertissement ni coordination. Yaoundé dénonce un « manque d’élégance diplomatique » tandis que Malabo garde le silence. Un geste brutal, qui relance la question des relations bilatérales entre deux voisins aussi proches que méfiants.
Des expulsions sans dialogue préalable
Plus de deux cents Camerounais, dont plusieurs femmes, ont été expulsés manu militari par les autorités équato-guinéennes. L’opération s’est déroulée à la frontière de Kye-Ossi, dans la région sud du Cameroun. Aucun échange formel entre les deux capitales n’a précédé cette décision. Une fois de plus, Yaoundé a été mis devant le fait accompli, contraint de gérer les conséquences humanitaires et politiques sans possibilité de dialogue en amont.
Une altercation devenue prétexte ?
Selon plusieurs sources locales, cette vague d’expulsions aurait été déclenchée par une altercation entre commerçants camerounais et équato-guinéens. Une querelle commerciale à l’origine, mais dont les conséquences ont pris une tournure radicale. L’épisode révèle un malaise plus profond dans la gestion des flux migratoires entre les deux pays, régulièrement marquée par des mesures unilatérales et des soupçons de discrimination.
Réaction mesurée mais ferme de Yaoundé
Le gouvernement camerounais, tout en évitant la surenchère, a dénoncé une attitude peu respectueuse des usages diplomatiques. Derrière le ton feutré, c’est bien une inquiétude réelle qui transparaît : celle de voir se détériorer une relation bilatérale déjà fragile, au détriment des populations frontalières et des milliers de Camerounais vivant en Guinée équatoriale.
Un climat de méfiance latent
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série d’incidents qui illustrent la fragilité des relations entre Malabo et Yaoundé. Bien qu’ils partagent une histoire de coopération sécuritaire et économique, les deux pays peinent à construire une confiance durable. Les expulsions massives, récurrentes ces dernières années, témoignent d’une volonté politique plus coercitive que collaborative du côté équato-guinéen.
La répétition des expulsions sans coordination interroge sur la volonté réelle de dialogue entre les deux États. À défaut d’un cadre diplomatique renforcé, les relations risquent de s’enliser dans une spirale de gestes unilatéraux et de rancœurs non résolues. Pour sortir de cette impasse, une relance politique s’impose — au nom de la stabilité régionale et du respect des droits humains.
La Rédaction

