Quitter une situation de violence suppose parfois de pouvoir se loger, se nourrir ou simplement vivre sans dépendre financièrement de celui dont on cherche à s’éloigner. À Tchaoudjo 1, cette dimension économique entre davantage dans la réponse apportée aux violences basées sur le genre : trente femmes et jeunes filles vulnérables ou survivantes ont été accompagnées pour développer leurs propres sources de revenus.
Derrière cette initiative se trouve une réalité souvent moins visible que les violences elles-mêmes. Une personne dépourvue de ressources propres peut disposer de recours juridiques ou de mécanismes de protection tout en restant matériellement incapable de reprendre le contrôle de son existence.
C’est cette dépendance que le projet porté par l’ONG Dimension humaine cherche notamment à réduire dans la commune.
Reconstruire aussi par le revenu
À Sokodé, trente participantes ont ainsi été accompagnées sur les bases de l’entrepreneuriat, la gestion des stocks, la comptabilité simplifiée et l’organisation d’activités susceptibles de générer des revenus.
L’enjeu ne consiste donc pas seulement à transmettre des notions de gestion. Il est de permettre à des femmes fragilisées de convertir une compétence ou une petite activité en ressources suffisamment régulières pour élargir leur marge de décision.
Les possibilités de financement, les opportunités économiques locales et certains aspects réglementaires ont également été abordés. L’accompagnement est mené par l’ONG Dimension humaine avec l’appui de l’Agence française de développement, à travers l’association Equipop.
Après les violences, retrouver une capacité de choix
L’organisation inscrit cette intervention dans un contexte local marqué notamment par les conflits politiques et communautaires survenus entre 2017 et 2020. Elle estime que les femmes peuvent y subir une vulnérabilité particulière : exposées aux conséquences des crises tout en restant insuffisamment représentées dans les mécanismes de résolution.
L’autonomie financière ne saurait évidemment, à elle seule, empêcher les violences basées sur le genre. Leur prévention suppose également protection, justice, accompagnement psychosocial et transformation des normes qui les favorisent.
Mais disposer de revenus peut modifier un rapport de dépendance déterminant.
C’est là que l’expérience menée à Tchaoudjo dépasse largement une simple formation. Pour une survivante, l’autonomie économique n’est pas uniquement une question d’entrepreneuriat : elle peut devenir la possibilité concrète de choisir où vivre, comment reconstruire son quotidien et de ne plus devoir rester faute d’alternative matérielle.
La Rédaction

