Pendant des décennies, l’enseignement supérieur public togolais s’est essentiellement structuré autour de Lomé, puis de Kara. L’ouverture annoncée de l’Université de Datcha à l’horizon fin 2027 pourrait modifier cet équilibre. Implanté dans la région des Plateaux et orienté vers la santé, l’agriculture, l’ingénierie et les technologies, le futur établissement porte une ambition qui dépasse la construction d’un troisième campus : rapprocher les formations stratégiques des territoires et des économies qu’elles sont appelées à servir.
La future université doit s’étendre, dans sa première phase, sur 18 600 m². Le projet prévoit notamment une Faculté des sciences de la santé, un Institut des métiers de l’agriculture, un Institut polytechnique de l’innovation, une présidence universitaire et un restaurant. Sa présidence a été confiée à Essohanam Batchana.
Sortir du seul axe Lomé-Kara
L’intérêt du projet tient d’abord à sa localisation. Avec une troisième université publique dans les Plateaux, le Togo cherche à mieux répartir son offre d’enseignement supérieur sur le territoire.
Pour de nombreux étudiants, poursuivre des études supérieures implique encore de rejoindre Lomé ou Kara, avec les coûts de logement, de transport et d’installation que cela suppose. Datcha pourrait réduire une partie de cette contrainte et rapprocher l’université de populations jusqu’ici éloignées des principaux pôles académiques. Cette territorialisation ne répond donc pas seulement à une logique d’infrastructure. Elle touche directement à l’égalité d’accès aux études supérieures.
Des filières pensées pour l’économie réelle
Le choix des premières formations est également significatif. Santé, agriculture, ingénierie et technologies correspondent à des secteurs où les besoins en compétences restent importants.
L’Institut des métiers de l’agriculture peut notamment trouver dans les Plateaux un terrain directement lié aux réalités productives de la région. De la même manière, les formations en ingénierie et en innovation peuvent renforcer les passerelles entre université, entreprises et recherche appliquée.
Le défi sera cependant de ne pas réduire cette ambition à la seule construction des bâtiments. Une université se mesure aussi à la qualité de ses enseignants, de ses laboratoires, de ses équipements et à sa capacité à proposer des formations réellement reconnues par le marché du travail.
Fruit d’un partenariat public-privé entre l’État togolais et Envol Partenariats Togo, l’Université de Datcha devra ainsi réussir un double pari : élargir la carte universitaire sans reproduire les déséquilibres existants, et transformer l’expansion de l’enseignement supérieur en véritable levier de compétences pour les territoires.
La Rédaction

