Le paludisme demeure l’un des défis sanitaires les plus pressants au Togo. En 2024, le pays a recensé plus de 2,1 millions de cas confirmés, avec un taux d’incidence de 258 cas pour 1 000 habitants et un taux de mortalité de 11,7 décès pour 100 000 habitants, soit près de 1 000 décès. Face à cette situation préoccupante, les autorités sanitaires togolaises préparent une mesure phare : l’introduction d’un vaccin contre le paludisme dès septembre 2025. Cette initiative vise principalement à protéger les enfants, particulièrement vulnérables face à cette maladie.
Une préparation rigoureuse pour un déploiement efficace
Selon le Dr Payakissim Atekpe, coordonnateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), cette introduction repose sur une série de préparatifs essentiels. Parmi eux figurent la formation des agents de santé chargés de l’administration du vaccin, ainsi que des campagnes de sensibilisation pour informer les parents sur les modalités de vaccination.
« Nous sommes déjà en train de mener toutes les activités préparatoires », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance d’une communication efficace et d’une logistique bien organisée pour garantir le succès de cette opération.
Un combat de longue haleine
Le Togo ne part pas de zéro dans sa lutte contre le paludisme. Depuis plusieurs années, le pays a mis en place des stratégies de prévention, notamment la distribution de moustiquaires imprégnées et la chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) pour les enfants âgés de 3 à 59 mois. Ces efforts ont déjà permis de réduire significativement le nombre de décès liés à la maladie. L’arrivée du vaccin représente donc une avancée supplémentaire dans cette lutte.
Le Dr Atekpe se montre optimiste quant aux résultats attendus. « Tous les pays qui ont introduit le vaccin partagent des retours très positifs, avec une réduction notable des cas et des décès. Nous espérons obtenir des résultats similaires au Togo », a-t-il déclaré. Plusieurs pays voisins, comme le Ghana et le Bénin, ont déjà intégré le vaccin dans leurs programmes de santé publique, avec des résultats encourageants.
Un retard à combler, une opportunité à saisir
Si le Togo s’apprête à franchir ce cap, il reste l’un des derniers pays de la sous-région à adopter le vaccin. Seul le Mali tarde encore à se lancer, bien que les autorités maliennes aient récemment annoncé leur intention de démarrer les préparatifs en avril 2025. Pour le Togo, cette initiative constitue une opportunité de combler son retard et de s’aligner sur les standards régionaux en matière de lutte contre le paludisme.
Le vaccin, qui sera administré en deux doses aux enfants de 5 à 6 mois et de 7 à 18 mois, pourrait marquer un tournant décisif dans la réduction de la prévalence de la maladie. Les autorités sanitaires togolaises misent sur cette innovation pour renforcer leurs efforts et, à terme, faire reculer durablement le paludisme sur leur territoire.
Un espoir pour l’avenir
L’introduction du vaccin antipaludéen au Togo en 2025 s’inscrit dans une dynamique régionale prometteuse. Si les préparatifs se déroulent comme prévu, cette initiative pourrait sauver des milliers de vies et offrir un avenir plus sain aux générations futures.
La Rédaction

