Le Togo se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire sanitaire avec l’introduction du premier vaccin antipaludique destiné aux enfants. Dans un pays où le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité infantile, cette avancée représente bien plus qu’une innovation médicale : elle incarne l’espoir de sauver des milliers de vies chaque année.
Une coalition mondiale pour élargir l’accès aux vaccins
À l’origine de cette avancée se trouve l’Alliance GAVI, créée en 2000, qui regroupe États, agences des Nations unies, Banque mondiale, fondations philanthropiques comme celle de Bill et Melinda Gates, organisations non gouvernementales et acteurs privés. Son objectif : garantir l’accès équitable aux vaccins dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. GAVI agit comme un coordinateur et un bailleur de fonds, plutôt qu’un vaccinateur de terrain.
Un partenariat solide déjà éprouvé au Togo
Le Togo bénéficie depuis plusieurs années de l’appui de GAVI, qui a facilité l’introduction de vaccins essentiels, notamment contre le rotavirus et le papillomavirus humain. L’alliance contribue également au financement de campagnes massives, à la modernisation de la logistique vaccinale et à la digitalisation des programmes de suivi. L’arrivée du vaccin antipaludique vient renforcer cette coopération.
Le paludisme, un fardeau persistant
Malgré des progrès notables, le paludisme continue de peser lourdement sur la santé publique au Togo.
• En 2023, le pays a enregistré 770 679 cas confirmés et 1 281 décès, selon les chiffres officiels.
• Les enfants de moins de 5 ans demeurent les plus vulnérables, représentant une part importante des cas graves et des décès.
• L’incidence nationale était encore estimée à 230 cas pour 1 000 habitants exposés en 2023, un taux largement supérieur à la moyenne mondiale.
Ces chiffres rappellent l’urgence d’introduire de nouveaux outils pour protéger les populations les plus fragiles.
RTS,S (Mosquirix) : un vaccin déjà validé et testé en Afrique
Fruit de plusieurs décennies de recherche, le vaccin RTS,S/AS01 (Mosquirix) a reçu l’aval de l’Organisation mondiale de la santé et bénéficie du soutien de GAVI. Destiné aux enfants de 5 à 17 mois, il réduit de 30 à 40 % les formes graves de la maladie selon les études cliniques.
Depuis 2022, il est administré dans plusieurs pays africains : le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Cameroun, le Burkina Faso et le Bénin. Le Togo s’ajoutera bientôt à cette liste de pays pionniers.
Une annonce confirmée au sommet de l’État
Cette perspective a été officiellement confirmée vendredi dernier à Yokohama, lors d’un entretien entre le président Faure Gnassingbé et la directrice exécutive de GAVI, Dr Sania Nishtar.
« Nous avons été touchés par sa préoccupation et son dévouement pour la santé des enfants togolais. Le déploiement du vaccin au Togo débutera sous peu », a-t-elle déclaré.
Un cap décisif pour la santé des enfants togolais
Avec l’arrivée du vaccin antipaludique, le Togo franchit une étape cruciale dans sa lutte contre la première cause de mortalité infantile. Cette initiative, soutenue par des partenaires internationaux, s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer la résilience du système de santé et à offrir un avenir plus sûr aux jeunes générations.
La Rédaction

