Dans un entretien accordé à France 24 le jeudi 31 juillet 2025, le ministre des Droits de l’Homme, Me Pacôme Adjourouvi, a défendu la réponse du gouvernement face aux récentes manifestations. Entre fermeté sur le respect de la loi et appel à la jeunesse pour préserver la paix, son intervention se veut une mise au point claire, tant pour l’opinion nationale qu’internationale.
La légalité avant tout
Invité sur le plateau de France 24, Me Pacôme Yawovi Missiame Amenyo Adjourouvi a d’abord tenu à rappeler que la liberté de manifestation est un droit garanti par la Constitution togolaise. Mais ce droit, selon lui, ne saurait s’exercer au mépris des règles démocratiques. « Nous sommes un État de droit. La liberté n’est pas le désordre », a-t-il affirmé, soulignant que certaines mobilisations récentes ont délibérément ignoré les conditions légales.
Il accuse une frange d’acteurs de vouloir instrumentaliser les manifestations pour ternir l’image du pays et provoquer l’instabilité. « Ce ne sont pas des mouvements citoyens spontanés, mais des opérations organisées pour dénigrer les institutions », a-t-il insisté, sans toutefois nommer directement les opposants ou groupes concernés.
Un message à la jeunesse togolaise
L’entretien a aussi été l’occasion pour le ministre de saluer le comportement exemplaire de la jeunesse lors des Évala 2025, grandes luttes traditionnelles célébrées dans la région de la Kara. Me Adjourouvi y voit une preuve de maturité et de loyauté envers les valeurs républicaines.
« La jeunesse togolaise a montré qu’elle sait choisir la construction plutôt que la destruction. Elle est un pilier de notre stabilité. Le Togo veut bâtir, non casser », a-t-il martelé.
Ce message, répété à plusieurs reprises depuis les événements de juin, s’inscrit dans une volonté plus large du gouvernement de renforcer l’unité nationale autour du nouveau régime parlementaire adopté avec la Cinquième République.
Une prise de parole stratégique
En choisissant France 24, dont la diffusion a été suspendue temporairement au Togo pour « manque d’objectivité », le ministre opère un geste qui peut être interprété comme une tentative de réouverture. Loin de fuir le débat, il cherche à recadrer la perception extérieure du pays et à réaffirmer la ligne de fermeté du gouvernement face aux accusations d’atteintes aux droits humains.
Cette démarche complète ses précédentes interventions, notamment lors de la conférence de presse du 9 juillet, où il avait déjà défendu le professionnalisme des forces de l’ordre et rejeté les critiques relayées par des ONG internationales.
Un équilibre entre dialogue et autorité
Depuis sa prise de fonction, Pacôme Adjourouvi s’est imposé comme l’un des principaux artisans du dialogue institutionnel. Mais face aux tentatives de déstabilisation, il endosse aussi un rôle plus combatif. Défenseur des libertés dans le cadre de la loi, il incarne la position du gouvernement : ouverture aux revendications légitimes, fermeté face à la provocation.
À travers cet entretien, le ministre cherche à tracer une ligne claire : le Togo n’est pas fermé au débat, mais n’acceptera pas le chaos. Un message adressé à la fois à la diaspora, à l’opposition, aux médias internationaux et à la jeunesse, appelée à prendre toute sa part dans la construction d’une République apaisée.
La Rédaction

