Alors que les Togolais subissent depuis des semaines des coupures d’électricité dues à la maintenance du gazoduc ouest-africain, une lueur d’espoir apparaît. La West African Gas Pipeline Company (WAPCo) a annoncé une avancée significative des travaux sur le tronçon stratégique alimentant le Togo. À Tema, au Ghana, Benoni Owusu Ayeh, responsable des opérations, a confirmé ce jeudi que 70 % des interventions étaient déjà finalisées, laissant entrevoir une fin anticipée des travaux, initialement prévue le 2 mars.
Une course contre la montre pour relancer l’économie togolaise
L’enjeu est crucial pour Lomé, où la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) avait mis en place un programme strict de délestage en prévision de cette maintenance. Si WAPCo respecte son nouveau calendrier, le retour à une fourniture de gaz stable pourrait intervenir dès la fin février, soit plusieurs jours avant la date prévue. « Nous progressons sans retard et surveillons chaque étape pour éviter les imprévus », a assuré Ing. Owusu Ayeh, tout en précisant que des opérations complémentaires à Cotonou repousseront la reprise totale jusqu’au 7 mars.
Cette maintenance quinquennale, essentielle pour garantir la sécurité du pipeline, consiste en un « pigging » – une inspection et un nettoyage approfondis des conduites sous-marines. Une procédure technique complexe, mais indispensable pour prévenir les fuites et assurer un approvisionnement fiable.
Le Togo, futur hub énergétique ?
Si Lomé dépend encore largement du gaz nigérian et ghanéen via WAPCo, cette crise met en évidence les ambitions du pays en matière de diversification énergétique. Avec des investissements croissants dans l’énergie solaire et le projet de centrale à gaz de Kékéli, le Togo cherche à renforcer sa position dans le corridor ouest-africain.
La réduction des délestages représenterait aussi un soulagement pour les ménages et les entreprises locales, durement touchés par les coupures. « Une reprise anticipée du gaz limiterait les pertes économiques », confie une source à la Chambre de commerce de Lomé, rappelant que le secteur industriel togolais perd jusqu’à 15 % de sa productivité lors des périodes de rationnement.
Collaboration régionale sous tension
L’annonce de WAPCo met en lumière les défis de l’interdépendance énergétique en Afrique de l’Ouest. Alors que le Togo et le Ghana pourraient être réalimentés rapidement, le Bénin, qui dépend du tronçon de Cotonou, devra patienter jusqu’en mars. Cette disparité relance le débat sur le renforcement des infrastructures nationales de secours.
Avec cette maintenance, WAPCo réaffirme son rôle clé dans la stabilité régionale, tout en soulignant la nécessité pour le Togo d’accélérer ses projets structurants afin de réduire sa dépendance énergétique. Les prochains jours seront décisifs : si les travaux respectent les délais, Lomé pourrait tourner la page des délestages dès la première semaine de mars, offrant un répit bienvenu à son économie.
La Rédaction

