La région septentrionale du Togo traverse une crise hydrique sans précédent, avec le barrage de la Kozah atteignant un niveau historiquement bas. Ce scénario alarmant, alimenté par un déficit pluviométrique marqué et l’ampleur croissante du changement climatique, met en lumière l’urgence d’une gestion durable de l’eau dans le pays.
Une sécheresse précoce frappe le nord du Togo
Depuis janvier, les pluies se font rares dans les préfectures de la Kozah, de la Doufelgou et de la Binah. Les spécialistes observent un retard significatif dans la recharge des nappes phréatiques et l’assèchement des sources naturelles. En septembre, le manque d’eau a provoqué le démarrage anticipé de la saison sèche, accentuant la pression sur l’approvisionnement des villes et des zones rurales.
Le barrage de la Kozah, construit en 1979 et principale source d’eau potable pour Kara et ses environs, a vu son niveau chuter à moins de 8 mètres fin 2025, soit la moitié du niveau enregistré à la même période en 2024. La production quotidienne d’eau est passée de 11 000 m³ à seulement 4 500 m³, fragilisant l’alimentation de milliers d’habitants.
Des mesures d’urgence et des solutions durables
Face à cette situation critique, le gouvernement togolais a mis en place une stratégie en deux volets : urgence et durabilité.
Urgence : renforcer l’accès immédiat à l’eau
•Réhabilitation de 50 forages équipés de pompes manuelles dans les zones de Kara, Niamtougou et Pagouda. À ce jour, 25 forages sont déjà opérationnels, dont une partie raccordée au réseau de la Société Togolaise des Eaux (TdE).
•150 nouveaux forages sont en cours de construction pour soulager les quartiers urbains et semi-urbains, avec une quinzaine déjà finalisés après seulement une semaine de travaux.
Durabilité : anticiper les besoins futurs
•Construction d’un barrage polyvalent à Sarakawa pour renforcer les réserves d’eau.
•Exploitation de la cascade de Sara à Bafilo pour alimenter les réseaux urbains.
•Sectorisation et modernisation du réseau à Kara, incluant des forages industriels pour les grandes structures consommatrices telles que les hôpitaux, université et casernes.
Les autorités insistent également sur l’importance de la responsabilité citoyenne, invitant la population à éviter le gaspillage, signaler toute fuite via le numéro vert 8994, et limiter l’usage domestique non essentiel de l’eau.
Un signal fort face au changement climatique
Cette crise rappelle que le changement climatique n’est plus un phénomène lointain, mais une réalité qui impacte directement la vie quotidienne au Togo. La gestion rationnelle des ressources hydriques devient une priorité collective, combinant innovation, infrastructures modernes et civisme citoyen.
L’eau n’est plus seulement un service, elle est un bien précieux à préserver pour les générations futures.
La Rédaction

