Le Togo engage une nouvelle étape dans l’organisation de son secteur agro-pastoral avec le déploiement de zones dédiées à l’élevage bovin. Objectif : encadrer une activité en expansion, réduire les tensions foncières et améliorer les revenus des acteurs.
Une nouvelle orientation pour l’élevage bovin
Après les initiatives déployées dans le domaine agricole, les autorités togolaises élargissent leur stratégie au secteur de l’élevage. Le projet de Zones d’aménagement et de production bovine (ZAPB) s’inscrit dans cette dynamique et entre désormais dans une phase opérationnelle, après la finalisation des études préalables.
Le financement du dispositif repose sur un montage combinant ressources publiques et partenariats avec le secteur privé, traduisant une volonté de mobiliser des investissements durables autour de la filière.
Une croissance réelle, mais des fragilités persistantes
L’élevage bovin connaît une progression continue. Le cheptel national, estimé à plus de 480 000 têtes en 2024, poursuit son évolution à la hausse et pourrait franchir le seuil des 490 000 têtes à l’horizon 2026.
Cette tendance positive masque toutefois plusieurs déséquilibres : des conflits récurrents liés à l’utilisation des terres, une structuration encore insuffisante des acteurs et des revenus qui restent limités pour de nombreux ménages dépendants de l’élevage.
C’est dans ce contexte que les ZAPB ont été conçues comme un outil de régulation et d’organisation.
Des espaces dédiés et équipés
Les futures zones seront aménagées sur des périmètres clairement délimités d’au moins 500 hectares, destinés à accueillir les troupeaux d’une même localité. Ces espaces sont sélectionnés en fonction de critères naturels favorables, notamment l’accès à l’eau et des conditions climatiques adaptées.
Une partie importante des superficies sera consacrée à la culture de fourrage afin de sécuriser l’alimentation du bétail. Des infrastructures d’appui sont également prévues, incluant des services de santé, des structures éducatives et des dispositifs vétérinaires.
L’objectif est de créer des environnements fonctionnels où production, transformation et services coexistent de manière intégrée.
Des avancées déjà visibles sur le terrain
Plusieurs réalisations concrètes ont déjà été engagées dans le cadre du projet. Des sites ont été identifiés et sécurisés, tandis que des aménagements ont été réalisés pour soutenir l’activité pastorale.
Des infrastructures telles que des points d’eau, des installations de stockage, des unités de transformation laitière et des postes vétérinaires ont été mises en place. Parallèlement, des organisations de producteurs ont bénéficié d’un accompagnement pour mieux structurer la commercialisation des produits issus de l’élevage.
Structurer une filière et stabiliser les territoires
Au-delà de l’augmentation de la production, l’ambition est de transformer en profondeur l’organisation de la filière bovine. Cela passe par une meilleure intégration des acteurs, une amélioration des conditions de production et une valorisation accrue des produits locaux.
Les ZAPB visent également à limiter les conflits liés à l’accès aux ressources naturelles en organisant l’espace pastoral. Elles participent ainsi à une approche plus globale de développement rural, articulée autour de la productivité, de la stabilité sociale et de la création de valeur.
La Rédaction

