La première foire artisanale de la région Maritime s’achève ce 31 octobre à Tsévié. Derrière les poteries, les articles de vannerie et les savons traditionnels exposés, un enjeu économique et environnemental se dessine : permettre aux artisans de vivre durablement de leur production tout en préservant les ressources naturelles indispensables à leurs métiers. Une ambition qui devra désormais dépasser le cadre de cette première rencontre régionale.
Faire de la formation une activité rémunératrice
Réunissant des artisans issus des huit préfectures de la Maritime, la manifestation constitue l’aboutissement d’un programme lancé en février par l’association Femmes leaders pour le développement des communautés à la base (FELEADEC), avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Au total, 125 artisans ont bénéficié de plusieurs mois de formation dans la poterie, la vannerie et la savonnerie traditionnelle. La foire leur offre une première occasion collective de présenter leurs productions, de rencontrer des acheteurs et d’explorer de nouveaux circuits commerciaux.
Mais la visibilité obtenue pendant quelques journées ne garantit pas des revenus réguliers. La capacité à fidéliser la clientèle, à répondre aux commandes et à maintenir une production de qualité déterminera les retombées économiques de cette initiative.
Préserver les ressources qui font vivre les métiers
Le programme comporte une dimension moins visible, mais essentielle. Dans la région Maritime, certaines activités artisanales dépendent directement de ressources naturelles fragilisées par les pressions environnementales et les changements climatiques.
Les formations ont notamment porté sur les méthodes de prélèvement des matières premières. Dans la poterie, une attention particulière a été accordée à l’exploitation de l’argile et à la restauration des sites d’extraction.
Cette approche s’inscrit dans le projet R4C-Togo, consacré à la résilience climatique des communautés côtières. Elle associe ainsi la transmission des savoir-faire à la préservation des conditions mêmes de leur exercice.
Après Tsévié, l’épreuve des débouchés
La première édition aura permis de rapprocher producteurs et consommateurs, tout en sensibilisant le public aux métiers artisanaux grâce à des ateliers pratiques.
Ses résultats commerciaux restent toutefois à établir. Le véritable prolongement du projet dépendra de la capacité des artisans et des coopératives à conserver des débouchés au-delà de la foire.
À Tsévié, l’enjeu dépasse donc la promotion du patrimoine artisanal : il s’agit de faire de ces métiers une source de revenus pérenne, compatible avec la protection des écosystèmes dont ils tirent leurs matières premières.
La Rédaction

