La sécurité alimentaire ne dépend pas uniquement de la quantité de viande produite. Elle repose aussi sur les conditions dans lesquelles les animaux sont commercialisés, contrôlés et acheminés vers les consommateurs. À Adétikopé, dans la périphérie nord de Lomé, la réhabilitation annoncée du marché à bétail de Guéréké s’inscrit dans cette logique : améliorer les infrastructures commerciales pour accompagner le développement de l’élevage togolais.
Le marché de Guéréké occupe une place dans les circuits d’approvisionnement en bétail de la capitale. Sa réhabilitation, financée par le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT), doit contribuer à améliorer les conditions d’activité des professionnels de la filière.
Cette intervention répond également aux préoccupations exprimées par la Fédération nationale des professionnels de la filière bétail et viande (FENAPBVITO), dont le président, Alidou Alassani, appelle à davantage d’investissements dans les infrastructures du secteur.
Au-delà du chantier, la question est celle de l’organisation d’une filière dont les performances dépendent autant de la production que de la qualité des circuits commerciaux.
Des marchés adaptés aux exigences de la filière
Un marché à bétail ne constitue pas un simple espace de vente. Il doit permettre la circulation des animaux, faciliter les transactions et offrir des conditions adaptées aux commerçants, aux transporteurs et aux services chargés des contrôles sanitaires.
Des infrastructures insuffisantes peuvent compliquer la surveillance vétérinaire, accroître les difficultés logistiques et fragiliser les conditions de commercialisation.
La modernisation de Guéréké s’ajoute à un programme national comprenant notamment le marché de Tsévié, dans la commune de Zio 1. Aménagé sur plus de trois hectares, celui-ci dispose d’équipements destinés aux éleveurs et aux commerçants.
Pour Guéréké, les caractéristiques précises des futurs aménagements restent à détailler. Leur pertinence dépendra notamment des besoins réels des professionnels et des conditions d’entretien après les travaux.
Produire davantage, mais aussi mieux commercialiser
La filière bétail et viande représente un poids économique important au Togo, estimé à près de 7 % du PIB et à 16,56 % du PIB agricole selon les données sectorielles communiquées.
La production nationale aurait couvert 65 % des besoins en viande en 2024, puis 68 % en 2025. L’objectif affiché est d’atteindre 70 % d’ici la fin de 2026.
Cette progression traduit une ambition de réduction de la dépendance aux approvisionnements extérieurs. Mais produire davantage ne suffit pas si les circuits de commercialisation restent insuffisamment organisés.
La disponibilité des animaux, leur transport, les contrôles sanitaires et les conditions de vente influencent directement l’efficacité de la filière. Des marchés mieux équipés peuvent contribuer à réduire certaines difficultés et à améliorer les échanges entre producteurs et acheteurs.
Un investissement local aux effets économiques plus larges
Le financement de Guéréké par le FACT illustre également le rôle des collectivités territoriales dans le développement économique. Les marchés constituent des infrastructures locales, mais leur fonctionnement concerne des réseaux commerciaux qui dépassent souvent les limites d’une commune.
La réussite du projet dépendra donc de la qualité des travaux, de la gestion future du site et de l’implication des professionnels.
À Guéréké, l’enjeu n’est pas simplement de rénover un espace marchand. Il est de faire du marché à bétail un maillon plus efficace d’une filière qui cherche à mieux approvisionner les consommateurs togolais tout en renforçant ses capacités de production et de commercialisation.
La Rédaction

