Le Togo franchit une nouvelle étape dans son processus de décentralisation. Depuis janvier 2025, les Conseils régionaux sont enfin opérationnels. Pour appuyer leur mise en route, l’État a débloqué une enveloppe de 4 milliards FCFA via le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT), selon une annonce officielle faite mercredi. Cette injection de fonds vise à faire des régions de véritables moteurs de développement socio-économique.
Soutenir l’opérationnalisation des institutions régionales
Lors d’une rencontre avec la presse, Koumtchané Siangou, secrétaire technique du FACT, a précisé l’usage prévu de ces ressources. Elles serviront à couvrir les premières charges de fonctionnement : salaires du personnel, indemnités des élus, aménagement des bureaux administratifs
« L’objectif est de garantir leur autonomie fonctionnelle dès les premiers mois, afin qu’ils puissent se concentrer sur leurs missions de terrain », a-t-il déclaré.
Des projets structurants en ligne de mire
Si le fonctionnement courant constitue une priorité immédiate, l’ambition va bien au-delà. Ce soutien financier doit aussi amorcer des investissements structurants : développement d’infrastructures, électrification rurale, soutien aux filières agricoles locales. Le tout s’inscrit dans la stratégie gouvernementale dite des « régions-émergence », destinée à corriger les inégalités territoriales persistantes.
Une approche de financement mixte
Les 4 milliards FCFA annoncés ne sont qu’un avant-goût des ressources globales mobilisables. Le budget 2025 du FACT atteint 10 milliards FCFA. Il est financé par l’État, les recettes fiscales locales redistribuées via l’Office togolais des recettes (OTR), et l’appui de partenaires internationaux. En parallèle, les collectivités sont encouragées à générer leurs propres ressources (redevances, taxes locales) afin d’assurer leur viabilité financière.
Un tournant décisif pour la décentralisation
Malgré cet engagement financier, des analystes soulignent que la réussite du modèle dépendra de deux facteurs-clés : la transparence dans la gestion des fonds et la pertinence des projets portés localement. Initiée depuis plus d’une décennie, la décentralisation togolaise entre dans une phase cruciale. Les résultats sur le terrain, en matière d’emploi, de services de base et de participation citoyenne, seront scrutés de près.
En s’appuyant sur les Conseils régionaux pour bâtir une gouvernance de proximité, le Togo tente d’ancrer la décentralisation dans la réalité quotidienne des citoyens. Un pari politique autant que social, dans un contexte africain où l’autonomie locale reste souvent théorique.
La Rédaction

