Le Tchad accuse le Soudan de soutenir financièrement et militairement des groupes armés dans une tentative de déstabilisation, selon un communiqué officiel publié à N’Djamena. « Actuellement, le Soudan finance et arme des groupes terroristes dans la région pour déstabiliser le Tchad », affirme Abdraman Koulamallah, ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement, pointant une « activité subversive persistante ».
La rébellion zaghawa basée à El Facher, dirigée par Ousman Dillo, frère de l’opposant tchadien Yaya Dillo Djérou tué par les forces tchadiennes, alarme particulièrement N’Djamena. Ce contexte rappelle l’attaque fulgurante de février 2008, quand une insurrection zaghawa partie du Soudan avait failli renverser Idriss Déby Itno, président tchadien de l’époque. La France avait été décisive pour repousser les insurgés, permettant à Déby de conserver le pouvoir jusqu’à sa mort en 2021 lors d’un autre affrontement.
Depuis, son fils Mahamat Idriss Déby a été désigné à la tête de la transition militaire, avant d’être élu chef de l’État cette année. Pourtant, le climat reste tendu, d’autant qu’un ex-général tchadien, Mahamat Nour Abdelkerim, a récemment rallié des rebelles soudanais, accueilli à Khartoum avec d’autres leaders insurgés.
Fin octobre, N’Djamena a réfuté toute implication dans la guerre civile soudanaise, alors que des rapports l’accusent d’être impliqué dans des livraisons d’armes provenant des Émirats arabes unis à destination des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises, en conflit avec l’armée régulière depuis avril 2023.
Ce conflit a engendré des milliers de morts, des dizaines de milliers selon des estimations, et a forcé plus de 10 millions de personnes à l’exil, provoquant l’une des pires crises humanitaires de ces dernières décennies, d’après l’ONU.
La Rédaction

