Le suicide représente environ 1 % des décès dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Avec plus d’un milliard de personnes touchées par des troubles mentaux, l’OMS tire la sonnette d’alarme sur un fléau trop souvent passé sous silence.Chaque année, près de 727.000 personnes mettent fin à leurs jours, et pour chaque décès, on compte une vingtaine de tentatives. « Le suicide reste une conséquence dramatique de certains troubles mentaux », rappelle l’OMS dans son dernier rapport publié le 2 septembre 2025. Il figure parmi les principales causes de mortalité chez les jeunes, quels que soient le niveau de développement ou de richesse des pays.À lire aussi : L’OMS met en lumière les avancées majeures du Togo en santé publiqueMalgré une baisse globale de 35 % du taux de suicide entre 2000 et 2021, les efforts restent insuffisants pour atteindre l’objectif de l’ONU : réduire d’un tiers les suicides d’ici 2030. L’OMS prévient que « si la tendance actuelle se poursuit, la réduction ne sera que de 12 % dans cinq ans ».Près de trois quarts des suicides surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, bien que ces pays concentrent la majorité de la population mondiale. Les pays riches affichent parfois des taux plus élevés, mais la fiabilité des statistiques y est meilleure, ce qui rend la comparaison complexe.À lire aussi : Sensibilisation sur la santé mentale au CHR d’AtakpaméLa montée inquiétante des troubles mentauxAu-delà des suicides, l’OMS s’inquiète de la progression rapide des troubles mentaux, qui affectent désormais plus d’un milliard de personnes dans le monde. L’anxiété et la dépression sont les pathologies les plus répandues, mais la schizophrénie et le trouble bipolaire ont également des conséquences sévères : la première réduit l’espérance de vie moyenne de neuf ans, le second de treize ans. Les femmes sont particulièrement touchées par ces troubles.Ces pathologies entraînent non seulement une souffrance personnelle, mais aussi une perte importante d’années de vie en bonne santé, représentant la deuxième cause d’invalidité de longue durée dans le monde.À lire aussi : Salon HUMANIS à Lomé : focus sur la santé mentaleDes investissements insuffisants face à un coût économique colossal« Transformer les services de santé mentale est un enjeu majeur de santé publique », souligne Tedros Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. « Investir dans la santé mentale, c’est investir dans les individus, les communautés et l’économie. »Les coûts économiques sont impressionnants : la dépression et l’anxiété représentent à elles seules une perte annuelle de 1.000 milliards de dollars pour l’économie mondiale. Pourtant, seuls 2 % des budgets de santé publique y sont consacrés, un chiffre inchangé depuis 2017.Les écarts entre pays restent énormes : jusqu’à 65 dollars par habitant dans les pays à revenu élevé, contre seulement quatre centimes dans les plus pauvres. Le nombre médian de professionnels de santé mentale est de 13 pour 100.000 habitants, un ratio proche de zéro dans de nombreuses régions du Sud.
La Rédaction

