Les dirigeants des pays membres de l’OTAN se réunissent à Washington pour un sommet crucial du mardi 09 à jeudi 11 juillet, plus de deux ans après la guerre en Ukraine. Ce 75ᵉ sommet de l’Alliance atlantique pourrait toutefois une nouvelle fois décevoir Kiev, toujours en quête d’adhésion et d’armes.
Les États-Unis promettent des mesures significatives pour l’Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky fera le déplacement après une visite à Varsovie. « Je pense que l’Ukraine sera satisfaite de ce que nous allons mettre sur la table », a déclaré l’ambassadrice américaine auprès de l’OTAN, Julianne Smith. Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l’OTAN a, pour sa part, assuré que l’Ukraine se rapprochait de l’Alliance, annonçant des mesures substantielles.
Pourtant, malgré des promesses répétées, l’Ukraine n’a toujours pas reçu d’invitation formelle à rejoindre l’OTAN. Volodymyr Zelensky avait qualifié ce refus d’« absurde » lors du sommet de Vilnius l’an dernier. Si une invitation ne semble pas à l’ordre du jour, Jens Stoltenberg évoque un « pont vers l’adhésion » avec une série de mesures en préparation.
« Nous n’aimons pas vraiment l’idée d’un pont vers l’adhésion, nous avons besoin d’une adhésion », confiait une source diplomatique ukrainienne fin juin, soulignant que les chances d’une invitation étaient « proches de zéro ». Le langage du sommet sera donc crucial. Certains membres de l’OTAN souhaitent mentionner le caractère « irréversible » de l’adhésion future de Kiev, tandis que d’autres prônent la prudence en parlant d’« accélération ».
Pour Volodymyr Zelensky, l’urgence réside ailleurs. Face à une offensive russe particulièrement intense autour de Kharkiv, Kiev demande des armes et des systèmes de défense anti-aérienne pour protéger ses villes et infrastructures, constamment ciblées par Moscou. La moitié de la capacité énergétique de l’Ukraine a été détruite, rappelait Zelensky fin juin.
Jens Stoltenberg a affirmé que les alliés fourniraient davantage de systèmes de défense anti-aérienne et de munitions. Les Pays-Bas cherchent à rassembler plusieurs pièces d’une batterie de missiles Patriot, alors que l’Ukraine a réclamé au moins sept batteries. Pour l’instant, seulement deux ont été promises par l’Allemagne et la Roumanie, et l’Italie est prête à envoyer une batterie de Samp-T.
L’aide de l’OTAN est vitale pour l’Ukraine, mais rien ne garantit sa continuité à long terme. Jens Stoltenberg a proposé que les Alliés s’engagent à maintenir au minimum le même niveau d’aide militaire, soit environ 40 milliards d’euros par an. Une déclaration en ce sens pourrait être faite à Washington, avec l’exemption notable de la Hongrie.

