Récemment, lors du Forum économique mondial de Davos, puis à la Maison-Blanche à l’occasion du premier anniversaire de son retour au pouvoir, le président américain Donald Trump a relancé sa campagne verbale contre la Somalie et sa diaspora aux États-Unis. Il s’en est également pris à la députée Ilhan Omar, figure emblématique du Congrès américain d’origine somalienne, devenue cible récurrente du républicain.
Des propos racistes et ciblés
Trump a qualifié les immigrés somaliens de personnes « à faible QI » et a décrit la Somalie comme un pays « mal organisé », voire « le pire au monde », affirmant qu’elle manquerait « de gouvernement et d’institutions ». Il a également ciblé Ilhan Omar, députée démocrate du Minnesota et membre du groupe progressiste « Squad », la traitant de « malhonnête » et « corrompue », l’exhortant à « retourner en Somalie ». Ces attaques traduisent la focalisation de Trump sur tout ce qu’il considère comme opposé à ses valeurs : une femme, musulmane, immigrée et originaire d’Afrique.
Ilhan Omar, figure de la résistance
Âgée de 43 ans, Ilhan Omar est arrivée aux États-Unis à l’âge de 12 ans avec sa famille, avant de devenir citoyenne américaine à l’adolescence et d’être élue au Congrès en 2018, l’une des deux premières femmes musulmanes à occuper ce poste. Elle a dénoncé ces attaques comme « racistes, xénophobes et haineuses » et défend la communauté somalienne du Minnesota, particulièrement ciblée. Elle qualifie l’obsession de Trump à son égard d’« inquiétante ».
Une politique migratoire et militaire controversée
Ces propos s’inscrivent dans une politique migratoire très controversée. Le 13 janvier, l’administration Trump a supprimé le statut protégeant les immigrés somaliens contre l’expulsion, impactant directement les 80 000 Somaliens vivant aux États-Unis, majoritairement dans le Minnesota.
Parallèlement, l’engagement militaire américain en Somalie s’est intensifié : depuis le retour au pouvoir de Trump, plus de 125 frappes aériennes ont été menées contre les shebabs affiliés à al-Qaïda, un chiffre supérieur au total cumulé sous George W. Bush, Barack Obama et Joe Biden.
Réactions de la diaspora et tension diplomatique
Les réactions de la diaspora et de la population somalienne sont vives. Dans les rues de Mogadiscio, la colère et la consternation se mêlent à la détermination. « Nous sommes un peuple qui réussit et, avec l’aide de Dieu, notre pays prospérera », confie un habitant. Les Somaliens dénoncent la rupture avec les normes diplomatiques internationales et l’obsession du président américain, tout en espérant une réaction appropriée de leur gouvernement et de la communauté internationale.
Une question ouverte
Entre provocations verbales, politiques migratoires restrictives et intensification militaire, la question reste entière : jusqu’où ira Donald Trump dans sa guerre verbale contre la Somalie et quelle sera la réponse globale à ces attaques répétées ?
La Rédaction

