Face à une maladie toujours mortelle lorsqu’elle se déclare, le Togo engage une nouvelle étape dans la lutte contre la rage avec le lancement du Plan stratégique intégré pour l’élimination de la rage (PSIER). Expérimentée d’abord dans la région des Plateaux, cette approche associe santé humaine, santé animale et surveillance environnementale pour réduire durablement les risques de transmission.
Une approche intégrée pour s’attaquer à une maladie évitable
Le Togo veut changer d’échelle dans sa lutte contre la rage. À travers le Plan stratégique intégré pour l’élimination de la rage (PSIER), les autorités sanitaires adoptent une démarche fondée sur le principe « Une seule santé » (One Health), qui considère que la protection de la santé humaine passe nécessairement par une meilleure maîtrise des risques liés aux animaux et à leur environnement.
Cette nouvelle stratégie repose sur plusieurs axes complémentaires : renforcer la surveillance des cas suspects, améliorer la prévention des morsures, accroître la vaccination des chiens, faciliter la prise en charge rapide des personnes exposées et développer l’information auprès des communautés.
Les Plateaux, laboratoire d’une nouvelle méthode d’intervention
La première phase du programme sera mise en œuvre dans la région des Plateaux jusqu’en décembre 2026. Cette période pilote doit permettre aux équipes techniques d’évaluer l’efficacité de nouveaux mécanismes de prévention et de contrôle, en s’appuyant sur la collecte de données et l’analyse des réalités locales.
Les résultats obtenus au cours de cette expérimentation serviront ensuite à ajuster les dispositifs avant une extension progressive à l’ensemble du territoire national.
Un objectif national : zéro décès humain d’ici 2030
À travers ce plan, le Togo s’inscrit dans l’objectif mondial d’élimination des décès humains dus à la rage canine à l’horizon 2030. Cette ambition répond à l’urgence sanitaire que représente cette maladie, considérée comme l’une des zoonoses les plus dangereuses au monde.
Une fois les premiers symptômes apparus, la rage reste presque toujours fatale. Pourtant, elle peut être évitée grâce à des mesures simples et efficaces : vaccination des animaux, prévention des morsures et administration rapide d’un traitement adapté aux personnes exposées.
Des chiffres qui rappellent l’urgence de la prévention
La situation nationale montre que le défi demeure important. En 2025, les services vétérinaires ont enregistré 1 131 cas de morsures, 15 cas confirmés de rage canine ainsi que plusieurs décès humains liés à la maladie.
Ces données illustrent la nécessité de renforcer les mécanismes de surveillance et de prévention, notamment dans les zones où la proximité entre populations et animaux domestiques accroît les risques de transmission.
La vaccination animale au cœur du dispositif
Ces dernières années, le Togo a multiplié les campagnes gratuites de vaccination des chiens et autres carnivores domestiques. Ces opérations ont permis de protéger plusieurs milliers d’animaux et de réduire progressivement les possibilités de circulation du virus.
Avec le PSIER, l’enjeu est désormais de passer d’actions ponctuelles à une organisation durable de la lutte contre la rage, en impliquant davantage les services vétérinaires, les structures sanitaires et les communautés locales.
La Rédaction

