Le Togo a franchi en 2024 un seuil symbolique : 50 % des enfants bénéficient désormais d’un programme de protection sociale, contre 48 % un an plus tôt. Une progression supérieure à l’objectif fixé, mais qui ouvre immédiatement une autre question : la couverture atteint-elle en priorité ceux qui en ont le plus besoin ?
Dans un pays où les enfants et les adolescents représentent près de la moitié de la population, l’évolution n’est pas marginale. Elle signifie qu’une part croissante des plus jeunes entre dans des dispositifs destinés à réduire leur exposition à la pauvreté, aux difficultés d’accès aux soins ou aux situations de vulnérabilité sociale.
La progression enregistrée intervient après l’adoption, en juin 2024, de la Politique nationale de protection sociale. Celle-ci vise à élargir les mécanismes d’accompagnement au bénéfice des populations les plus fragiles.
Au-delà du chiffre national
La protection sociale ne se limite pas aux transferts financiers. Elle englobe également l’accès aux soins, l’accompagnement psychosocial et différents mécanismes de soutien destinés à sécuriser les parcours des enfants et de leurs familles.
Le passage de 48 à 50 % traduit donc une extension réelle des dispositifs. Mais une moyenne nationale ne permet pas, à elle seule, de mesurer la qualité du ciblage. Deux enfants peuvent être comptabilisés comme couverts sans bénéficier du même niveau de soutien ni vivre dans les mêmes conditions de vulnérabilité.
C’est là que se situe désormais le principal enjeu : identifier les zones, les ménages et les catégories d’enfants encore insuffisamment protégés.
Passer de l’extension à la précision
Après avoir élargi la couverture, les prochaines années devront donc consolider son efficacité. Le défi ne sera plus seulement d’augmenter le pourcentage global, mais de s’assurer que les ressources atteignent en priorité les foyers les plus fragiles.
Avec 50 % d’enfants couverts, le Togo a franchi un cap. La prochaine étape sera plus exigeante : faire en sorte que cette progression statistique se traduise par une réduction réelle des inégalités d’accès aux soins, à l’accompagnement et à la protection.
La Rédaction

