La scène politique camerounaise s’enflamme à l’approche de l’échéance présidentielle. Le dépôt officiel des candidatures, ouvert depuis lundi, connaît depuis le 17 juillet une montée en puissance sans précédent.
Le premier choc est venu du camp présidentiel. Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, a fait déposer sa candidature par son fidèle mandataire, Jean Nkuete. Ce dernier s’est montré confiant : « Le peuple camerounais est suffisamment mûr pour faire la différence entre ce qui a été fait et ce qui est en cours. »
Dans la foulée, Cabral Libii, figure montante de l’opposition et leader du PCRN, a lui aussi officialisé son intention de briguer la magistrature suprême. À Bamenda, le candidat du SDF, Joshua Osih, a opté pour un geste hautement symbolique en déposant ses dossiers dans la région du Nord-Ouest, bastion historique de son parti : « Notre identité politique est profondément enracinée ici. »
Mais c’est le vendredi suivant que les candidatures se sont véritablement multipliées. Plusieurs ténors politiques se sont engagés dans la course à Yaoundé, dont Bello Bouba Maigari (UNDP), Issa Tchiroma Bakary – qui a quitté le gouvernement pour se lancer –, Tomaïno Ndam Njoya (UDC) et même Leon Theiller Onana, dissident du RDPC qui se présente comme un adversaire interne à Paul Biya.
Autre fait marquant : l’entrée en lice de Patricia Ndam Ndoya, candidate de l’UPC, porte haut la voix des femmes dans ce scrutin : « Il est grand temps que les Camerounais comprennent que la paix et la sincérité doivent aussi venir d’elles. »
Enfin, la surprise majeure est venue de Maurice Kamto, chef du MRC et principal opposant au régime. Annoncée en fin de journée vendredi, sa candidature, appuyée par le Manidem d’Anicet Ekane, a déjoué les pronostics. Une conférence de presse prévue ce samedi devrait clarifier sa stratégie de campagne.
Le compte à rebours est désormais lancé. Alors que la liste définitive des candidats doit être validée par Élections Cameroon (Elecam) dans les prochaines semaines, la tension ne cesse de monter dans un pays où chaque scrutin présidentiel redéfinit les équilibres du pouvoir.
La Rédaction

