À Sotouboua, l’igname ne se résume pas à ce que produit la terre. Autour d’elle se transmettent des gestes agricoles, une mémoire collective et une relation aux ancêtres que les générations continuent de faire vivre. Ce samedi 29 août, la 7ᵉ édition de « Kyèna-Foudoulem-Rodjoubi » remet cette dimension culturelle au premier plan, au moment où les nouvelles récoltes rejoignent les traditions de la communauté.
La célébration est d’abord celle d’un cycle accompli. L’arrivée des nouvelles ignames donne lieu à des manifestations de reconnaissance envers Dieu et les mânes des ancêtres pour les récoltes obtenues. Mais derrière le rituel apparaît également toute la place qu’occupe l’agriculture dans l’identité de la préfecture.
À Sotouboua, la fête permet ainsi de relier le produit cultivé à l’histoire de ceux qui le produisent.
Une culture qui se transmet aussi autour de la terre
C’est probablement l’une des fonctions les plus importantes de « Kyèna-Foudoulem-Rodjoubi ». Les retrouvailles ne concernent pas seulement ceux qui vivent encore dans la préfecture. La diaspora est également invitée à revenir, transformant la célébration en un moment de rassemblement entre différentes générations.
Cette transmission compte dans un contexte où les pratiques et références culturelles évoluent rapidement. Une fête traditionnelle devient alors un espace où les plus jeunes peuvent comprendre la signification de rites, de savoir-faire et de valeurs qu’ils ne rencontrent pas nécessairement dans leur quotidien.
L’Association pour le développement de la préfecture de Sotouboua (ADEPSO), qui porte l’organisation, inscrit d’ailleurs cette 7ᵉ édition dans une volonté de valorisation du patrimoine et de consolidation de la cohésion sociale.
Du patrimoine à l’économie locale

La célébration possède aussi une autre dimension. Mettre l’igname à l’honneur revient à donner de la visibilité aux producteurs et, plus largement, aux potentialités agricoles de Sotouboua.
Les organisateurs souhaitent ainsi faire de l’événement un vecteur d’attractivité culturelle et touristique. L’enjeu consiste à transformer un rendez-vous identitaire en une occasion de mieux faire connaître le territoire, ses productions et ses savoir-faire.
Cette articulation entre culture et économie donne à la fête une portée qui dépasse la journée du 29 août. Un patrimoine vivant peut aussi devenir une ressource territoriale lorsqu’il contribue à attirer des visiteurs, valoriser des produits locaux et renforcer l’image d’une région.
À Sotouboua, célébrer l’igname revient finalement à raconter une relation beaucoup plus vaste : celle d’une communauté à sa terre, à ceux qui l’ont précédée et aux générations auxquelles elle entend transmettre cet héritage. La récolte ouvre la fête ; la mémoire lui donne son sens.
La Rédaction

